Winnie Mandela, ex-femme de Nelson Mandela, est décédée lundi à l’âge de 81 ans. L’histoire d’une icône controversée.

Son combat par amour

Sa rencontre avec Nelson Mandela a fait basculer sa vie. C’est par amour pour lui qu’elle plonge dans le combat contre le régime raciste. Alors jeune assistante sociale de 21 ans, elle l’épouse en 1958. A presque 40 ans, il est à cette époque un membre important du Congrès National Africain, traqué par la police. Ensemble, ils ne vivront que quelques années dans le township de Soweto où ils accueilleront deux petites filles. S’en suit l’entrée de Nelson Mandela dans la clandestinité, puis son arrestation. En prison, Nelson Mandela ne verra que très peu sa femme, avec qui il échange seulement deux lettres par an, censurées, parfois déchiquetées.Seule, Winnie Mandela souffre. Emprisonnée, violentée, astreinte à domicile puis bannie à l’écart de Johannesburg, elle devient une infatigable résistante. Déterminée, elle se battra corps et âme pour la libération de son mari.

Une image ternie

L’année 1990 sonne la sortie de prison de Nelson Mandela, après 27 ans derrière les barreaux. Winnie est là pour l’accueillir. Main dans la main, ils avancent vers la foule, le poing levé. Et pourtant. Le couple se sépare deux ans après suite à l’infidélité présumée de Winnie. Mais ce n’est pas la seule ombre au tableau. Dans les années 80, lorsqu’elle rentre à Soweto, Winnie troque ses tenues traditionnelles pour un treillis militaire et s’entoure de jeunes hommes qui forment sa garde rapprochée. Le groupe, nommé le Mandela United Football Club, adopte des méthodes brutales qui se rapprochent plus de celles d’une milice que d’un club de sport. Winnie elle-même est soupçonnée d’avoir fait torturer et tuer un jeune militant, Stompie Moeketsi Seipei, soupçonné d’être un informateur du régime d’apartheid.Ses positions radicales et les accusations de violence qui lui sont faites deviennent gênantes. Le divorce est prononcé en 1996 et laisse derrière lui 38 ans de mariage.

Elle échappe à la case prison

En 2001, Winnie est reconnue coupable de complicité dans l’enlèvement et le meurtre de l’adolescent. Condamnée à 6 ans de prison, elle voit sa peine transformée en amende. En 2003, elle est reconnue coupable dans une affaire de demandes frauduleuses de prêts bancaires. Cette fois-ci, c’est un procès en appel qui lui évite la prison.

Une popularité éternelle

L’année 2009 marque son retour en politique. L’occasion de constater la popularité dont elle jouit encore, notamment auprès des habitants des townships, qui ont décidé de ne retenir que le meilleur, ou de pardonner le pire de son combat pour leurs droits. La maladie l’a emportée, elle et ses secrets.