William a 24 ans. Après trois ans d’audiovisuel dans une école de cinéma, il est entré à l’IICP en année passerelle avant d’intégrer la rédaction de Cluster News. Ses sujets de prédilection : sport (surtout le tennis et le foot) et cinéma.

Comment t’est venue l’envie de devenir journaliste ?

Très jeune, je rêvais de devenir journaliste sportif. Je regardais Thierry Gilardi, je voulais être comme lui, mais c’était juste un délire de gosse.

Après le bac, j’ai fait une licence d’audiovisuel dans une école de cinéma. Au début, je faisais beaucoup de ciné, puis je me suis spécialisé dans le domaine de la télévision. On a fait des reportages, des émissions, tout le coté audiovisuel du journalisme finalement. Ça m’a vraiment plu et je me suis rendu compte que je voulais bosser pour la TV. Le journalisme me paraissait être la suite logique de ma formation.

Tu n’as pas été découragé par les mutations du métier, les incertitudes liées au manque de débouchés ?

Quand j’ai fait ce choix, je ne me suis pas posé la question. Je n’étais pas un grand consommateur d’actus, donc je ne me rendais pas compte. Au contraire, comme j’étais dans l’audiovisuel avant, cette décision a rassuré mon entourage. Finalement, mes parents étaient contents que je me tourne vers le journalisme par rapport au cinéma. C’est plus rassurant, plus concret.

Que t’ont apporté tes deux années d’études de journalisme ?

Ça m’a permis de me plonger dans le journalisme. D’avoir les bases de la rédaction (c’est ce que j’ai le plus développé), de bien cerner les différences entre les trois supports. Tout ce qui était caméra, son, l’audiovisuel m’a aidé car c’était familier. C’est l’écriture que je devais le plus travailler. Je venais surtout pour pratiquer en TV et ça m’a permis de progresser avec des enseignants professionnels de bons conseils.

Je n’ai aucun regret par rapport à mes études. Cette année, on est peut-être trop restés en surface par rapport à l’année dernière qui nous a beaucoup appris. C’est compliqué de faire tenir Cluster News sur des bases très bancales. Mais même si ça aurait pu être plus complet, j’ai eu les stages.

Y-a-t-il un moment dans tes études où tu as fait un choix décisif dont tu es fier aujourd’hui ?

J’avais le choix entre un stage qui ne me parlais pas trop, et un autre qui au contraire avait l’air super. Au final, j’ai choisi celui qui me tentais moyen car c’était une grosse société de production qui fait bien sur le CV. Au final, c’était un super stage. C’est justement cette expérience qui m’a décidé à rentrer en journalisme après ma licence.

Vas-tu continuer les études ou te lancer dans la vie active ?

Pas question de continuer les études a moins d’être désespéré. Genre, pas de travail pendant deux ans. J’aimerais trouver un stage de 6 mois intéressant, où je serais susceptible d’être embauché après, de préférence en TV. Maintenant, le web ne dérangerait pas à condition que ce soit du sport. Comme j’ai une formation technique, je n’hésiterai pas si on me propose un stage dans la production d’une grosse émission sportive. Je suis ouvert à beaucoup d’opportunités en fait.

Es-tu plutôt angoissé ou confiant d’arrêter tes études ?

Ça dépend des moments. Angoissé est peut-être un peu trop fort. Je suis bien sûr préoccupé mais surtout impatient. Je suis content d’arrêter. C’est devenu horrible de me mettre derrière un bureau pour écouter et prendre des notes. Et puis j’arrive à un âge ou j’ai envie de gagner ma vie. Mais vendredi quand je vais passer les portes de l’école pour la dernière fois, ça va me faire quelque chose, c’est sûr.

Comment te vois-tu dans 10 ans ?

En train de gagner ma vie en faisant ce que j’aime, même si ce n’est pas forcément le cas immédiatement. Le job idéal : commentateur de tennis, ou présentateur d’une émission de sport. Mon but ultime : remplacer Gilles Bouleau !

Comment le journalisme télévisuel va-t-il évoluer selon toi ?

C’est sûr que le métier de journaliste TV va changer. D’ailleurs, il est déjà en plein changement. Il y a un gros turnover chez les journalistes. On parle même de mercato. Je ne pense pas que la TV va mourir cela dit. Il y a tellement de productions différentes. Je pense qu’elle va juste changer de format. De là à dire que plus personne ne va regarder la télé, je n’y crois pas. On dit ça aujourd’hui, mais dès qu’il se passe un gros truc, tout le monde allume BFM pour ensuite les critiquer après.

En vérité, je pense que la médiocrité de beaucoup de programmes y est pour beaucoup dans cette mauvaise image de la TV. J’ai hâte de voir comment la télé-réalité va évoluer vu le business cela génère.