A l’instar des cheminots, les étudiants font la grève en France. Ils manifestent contre la réforme ORE, de la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal, qui modifie les conditions d’accès aux études universitaires . Leur solution pour luter ? Bloquer les campus. Nous sommes allés à la Sorbonne de Tolbiac pour comprendre la motivations des frondeurs. 

« Je vous donne un scoop, hier on a voté à l’Assemblée générale, le blocus illimité jusqu’au retrait de la loi. On a suivi Montpellier, on a suivi Toulouse qui ont aussi voté cela. On attend maintenant les décisions de Lille et Strasbourg ». Ce sont les mots sans équivoque de Jérémy, étudiant en deuxième année de Licence d’économie à la Fac de la Sorbonne. Ce blocage a été soutenu par 497 voix, selon le service de presse de l’université Panthéon-Sorbonne, alors que 407 personnes étaient contre.  900 personnes étaient pour un blocage, mais pas forcément illimité, lors de cette « AG » qui a rassemblé « 1800 »  personnes au sein de cette annexe de l’université Panthéon-Sorbonne selon Jérémy.

Un bras de fer musclé engagé

Crédit photo: Mickaël Mavoungou-Nombo

Plusieurs universités sont bloquées en France. Il y a le site Saint-Denis de Paris-8 et Tolbiac à Paris. Dans le reste de la France, il y a également ces derniers jours l’université Paul-Valéry de Montpellier, Jean-Jaurès à Toulouse, le campus de la Victoire à Bordeaux, ou encore la faculté de lettres de Nancy. Mardi, la faculté de droit de Montpellier, fermée depuis de violents incidents qui ont abouti à la mise en examen du doyen et d’un professeur, a rouvert sous haute surveillance et d’ailleurs c’est cet événement qui a déclenché la réelle médiatisation des protestations. Jérémy explique: « Cela a commencé il y a un petit moment, en février-mars et ça ne marchait pas trop au début pour être honnête. La mobilisation avait du mal à commencer mais il y a eu un déclencheur : Montpellier quand des gars d’extrême droite, sont rentrés grâce à l’administration et ont tabassé tout le monde. On en a moins parlé mais c’est aussi arrivé à Lille, à Strasbourg et c’est arrivé au Lycée autogéré de Paris. Cela devient inquiétant. Nous aussi on a eu des incidents, des gens qui sont rentrés faire des tags et des actes antisémites. « 

Les étudiants veulent contrarier le gouvernement jusqu’au bout

Crédit photo: Mickaël Mavoungou-Nombo

Les étudiants sont notamment contre Parcours Sup, qui est le remplaçant d’APB qui utilise un système de sélection avec plusieurs tests, afin de rentrer à l’Université. Jérémy est scandalisé par cette mesure:  » A l’Université chacun a le droit de venir, c’est écrit. Il y a qu’une dimension pour les diplômes, c’est le bac. Chacun sa chance. C’est un lieu d’études pour tous et il faut que ça le reste. Et il n’y a pas que les étudiants qui sont mobilisés ici pour cette cause, il y a le personnel : le service administratif, les chargés de TD, les profs ».

Le gouvernement qui doit également faire face à d’autres mouvements sociaux, a annoncé vouloir conserver la loi ORE. Mais les étudiants ne lâcheront pas comme les travailleurs l’ont fait pour la loi travail en 2016. Jérémy déclare avec ambition :  » Il faudra qu’on aille plus fort encore si le gouvernement persiste. Il y a eu des idées marrantes qui sont sorties hier, par exemple bloquer le périphérique (rires). Mais pour l’instant on a joué notre carte maintenant c’est au gouvernement de jouer la sienne. On sait que le gouvernement  va refuser de céder mais on est prêts à aller jusqu’au bout.