Ce week-end marquera l’anniversaire des 7 ans de la révolution de Jasmin. La contestation monte face à la loi de financement entrée en vigueur le 1er janvier. Les manifestations sont de plus en plus intenses. Un mort et 778 arrestations ont été recensés depuis le début du mouvement lundi.

Mesures d’austérités décidées par le gouvernement

Le 14 janvier 2011, la chute du dictateur Zine el Abidine Ben Ali avait marqué le lancement des printemps arabes. Le peuple tunisien réclamait alors plus de travail, de dignité et la fin de la corruption. Depuis le mois de janvier est régulièrement marqué par des mouvements sociaux. Cette année le contexte est particulièrement tendu. La protestation pour demander le retrait de la loi de financement entrée en vigueur au premier janvier dernier prend une ampleur inquiétante.

Le gouvernement a pris des mesures d’austérités entraînant une hausse significative des prix de la consommation courante. Par exemple, la conserve de concentré de tomate est passée de 1 dinar (33 centimes d’euros) à 3 dinars (1 euro). Le kilo de pommes de terres de 1,7 à 2 dinars. Le litre d’essence a augmenté d’un demi dinar.

Le gouvernement prétend que les produits subventionnés n’ont pas augmenté, mais les manifestants expliquent que la baguette est restée à 200 millimes, mais qu’elle pèse moitié moins.

 778 interpellations, un mort

Le ministère de l’Intérieur a annoncé que depuis le début des troubles sociaux lundi, 778 manifestants ont été interpellés. Mercredi soir 28 villes des abords de Tunis touchées. Dès les premières heures du mouvement, les jets de pierres des manifestants ont répondu aux gaz lacrymogènes des forces de l’ordre.

Mais la contestation a pris une autre dimension lors du décès d’un manifestant lundi soir à Tebourba près de Tunis. Les autorités ont alors parlé d’une mort accidentelle liée à des antécédents asthmatiques fatals au contact des gaz lacrymogènes. La famille de l’homme de 43 ans a démenti cette version. Des photos montrent la victime, Khomsi el-Yeferni, avec des hématomes, juste avant sa mort. Il aurait été renversé par un véhicule de police.

Amnesty International, dans un communiqué, a appelé les forces de l’ordre à la retenue.

Les touchés sont les plus précaires

Le collectif Fech Nestannew (« Qu’est-ce qu’on attend ») est à l’origine de la contestation. Ses leaders dénoncent : « Des pauvres tapent sur des pauvres pendant que les bourgeois se reposent. » Ils insistent sur la dimension populaire du mouvement car l’inflation touche d’abord les précaires.

Aujourd’hui une nouvelle journée de contestation est en cour. Fech Nestannew appelle le peuple à manifester pacifiquement. Mais massivement.