L’ultime saison de la série Girls débute ce soir sur OCS. Le show de Lena Dunham a durant six saisons déconstruit les clichés et stéréotypes que le petit écran impose à la figure de la femme. Une série qui participe à une révolution des représentations des genres et des minorités sur nos écrans. L’occasion de revenir sur trois séries qui chacunes à leur manière ont participé à l’évolution de la représentation des femmes à la télévision.

Girls : exit les princesses aux corps parfaits 
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« Entre l’adolescence et la vie d’adulte, il existe un entre-deux inconfortable. (…) Produit de la récession, ces filles sont surdiplômées et sous-employées. (…) Elles ne recherchent pas un partenaire romantique avec de l’argent ou du pouvoir. Juste des mecs qui les font se sentir minces, drôles ou supérieures. (…) Elles sont la génération Facebook, et ironiquement, elles sont isolées par toutes ces possibilités de connectivité (…) Elles sont magnifiques et exaspérantes. Elles ont consciences d’elles-mêmes, et sont égocentriques. Ce sont vos petites amies, vos filles et vos employées. Ce sont mes amies et je ne les ai jamais vues à la télé. »

C’est par ces mots que Lena Dunham a réussi à convaincre la chaine HBO de produire la série Girls. Son objectif, représenter sa génération sans filtre. Girls, suit la vie quotidienne de quatre jeunes femmes dans la vingtaine à New York. La série fait la part belle à la nudité, rien de bien étonnant sur nos petits écrans mais là où la série change les règles du jeu fini les corps parfaits et les histoires d’amour romancées. Des corps variés, des couples réalistes, voila la recette de Girls. La série montre tout.

Anna Horvath (Lena Dunham) est l’un des premiers personnages de l’histoire de la télévision à être représentée aussi souvent nue et à assumer ses rondeurs et sa cellulite loin des standards télévisuels,  ce sont tous les corps de la série qui s’affranchissent des stéréotypes : filiforme, ronde, petite, grande, … En un mot réaliste, chaque femme y trouve son alter ego. La série applique ses standards de réalisme à chaque aspect de la vie de ses héroïnes, y comprit le sexe du plus torride au plus gênant en passant par la masturbation féminine. Le seul point de la série qui manque de réalisme: le manque de diversité de ses personnages.

Orange is the new black : la diversité entre quatre murs
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Tout comme Girls, Orange is the new black a fait le pari de la diversité, ici poussée à son paroxysme. « Nous embrassons la diversité, pas seulement sur les origines, mais aussi sur les différentes morphologies, les orientations sexuelles… Cette série est vraiment le reflet du monde dans lequel nous vivons », explique Selenis Leyva, Gloria Mendoza dans OITNB. Toute cette diversité s’exprime sur un même plan, les minorités ne sont pas reléguées aux seconds rôles. Bien que Piper Chapman soit l’héroïne, chaque épisode se focalise sur un personnage, le développe, par le biais de flashback explique son passé. OITNB explore aussi les différents aspects de ces minorités, par exemple la question LGBT avec des femmes bis, lesbiennes, hétéros, transgenres…

Le réalisme est chez OINTB tout aussi important, de vraies femmes, une multiplicité des corps, sans artifices comme chez Girls, poussée à son paroxysme. Univers carcéral oblige, on est loin des standards de beauté, exit le maquillage et le brushing impeccable, qui fait place aux poils sous les bras et aux cheveux gras. La série montre la difficulté de ses femmes à vivre avec ces étiquettes que la société que leur impose. Le personnage de Poussey en est un des exemples : femme, noire et lesbienne, elle se trouve au croisement de trois discriminations. Soit une situation d’intersectionnalité, utilisée en sociologie elle désigne une situation où une personne subit simultanément plusieurs formes de discriminations au sein d’une société.

Grey’s Anatomy : des femmes puissantes et fortes
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Grey’s Anatomy met en avant des femmes fortes à des postes à responsabilités. Des femmes diverses, noires, latinos, handicapées, mères célibataires, ex-toxicomans. La série soulève les inégalités subies par ces femmes en comparaison avec leur collègues masculins. Elle met en exergue l’intelligence de ces femmes plus que leur physique.

Cependant si la série a choisi de mettre en avant des femmes fortes elle n’en n’oublie pas les difficultés auxquels elles font face. Etre mère célibataire et chirurgien, gérer la perte d’un membre et apprendre à vivre avec un handicap, faire face aux discriminations… Si Grey’s Anatomy peut paraître moins transgressive que Girls et OITNB elle est pourtant tout aussi féministe montrant la  capacité de toutes ces femmes à diriger, à assumer leurs responsabilités malgré leurs « faiblesses » et les nombreux obstacles auxquels elles doivent faire face détruisant ainsi l’image de la demoiselle en détresse, fragile et incapable de gérer ses émotions.