Orlando, Virginia Tech, Las Vegas, San Bernardino, Columbine, Newtown … et maintenant Parkland. Ces tueries de masse continuent de se produire aux Etats-Unis sans que la législation sur le port d’arme à feu ne change. Plus pour longtemps ?

La Floride, le point de non-retour

17. C’est le chiffre du nombre de victimes de la tuerie dans le lycée de Parkland, en Floride, le 14 février dernier. Ce drame pourrait remettre en cause le port d’arme aux États-Unis. Pourtant les derniers évènements ne semblent pas favoriser le changement. Hier, mardi 20 février, le Parlement de Floride a rejeté une proposition de loi visant à interdire la vente et la possession de fusils automatiques. Une décision qui choque après moins d’une semaine de la tuerie. Les survivants de Parkland présents au Parlement ont vivement réagi après le vote : « La prochaine mort sera de leur faute ». Un point de non-retour semble être atteint entre les pro-armes et leurs détracteurs.

Des survivants de Parkland réagissent au « non » du Parlement de Floride sur le contrôle des armes automatiques. (Crédits : Jon Passantino / Twitter)
La question du 2nd amendement

Mais si les États-Unis semblent si attachés à ce droit de posséder une arme à feu, c’est qu’il est inscrit dans leur Constitution, la loi suprême du pays. Inscrit plus exactement au 2nd Amendement. Le problème est que cette Constitution est sans doute la plus ancienne jamais écrite. Elle date de 1787 et la question de savoir si cet amendement est en adéquation avec la société actuelle se pose forcément. Car pour rappel à l’époque ce droit servait seulement à encadrer les milices. Seulement une décision historique de la Cour suprême des États-Unis en 2008 est venue affirmer que cet amendement « protège le droit d’un individu à posséder une arme, indépendamment du service dans une milice, et à utiliser cette arme dans un but légal, tel que l’autodéfense à domicile ». D’autant que de forts lobbies pro-armes agissent pour que rien ne change à l’image de la National Rifle Association (NRA).

L’ombre de la NRA

Pour ce puissant lobby, revoir le droit de posséder une arme, inscrit dans le 2nd amendement, reviendrait à détricoter la Constitution. Elle n’est donc pas prête d’arrêter d’influencer la vie politique américaine comme le souligne Anne Deysine, juriste spécialiste des États-Unis, dans son livre La Cour suprême des États-Unis : « la NRA fait pression sur les membres du Congrès, en finançant les campagnes électorales de ses membres, et en les menaçant : elle a des tablettes où elle note les élus de A à F, quelqu’un qui est pour une loi pour réguler les armes obtient un F ». Pourtant en 2017, selon le Gun Violence Archive, il y a eu la bagatelle de 346 tueries de masses aux États-Unis. Un chiffre ahurissant, une année calendaire correspondant à 365 jours.

Du changement à prévoir ?

Le 24 mars prochain, à l’initiative de milliers de lycées, une « Marche pour nos vies », manifestation réclamant le contrôle des armes à feux, est organisée à Washington D.C., la capitale du pays. La détermination de cette jeune génération émeut et suscite l’admiration de ses aînées. De nombreuses réactions de sympathie ont suivi. Oprah Winfrey, George Clooney ou encore Steven Spielberg vont faire des dons pour aider à l’organisation de cette marche. La présentatrice télé a d’ailleurs écrit sur Twitter que « ces jeunes gens inspirant me rappellent les Freedom Riders des années 1960 qui avaient eux aussi dit qu’ils en avaient ASSEZ et qu’ils allaient se faire entendre ». En copiant une série télévisée, il est possible de s’exclamer « Change is coming ! ».