Selon une étude publiée mardi par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), les consommations de tabac, d’alcool et de cannabis sont en baisse chez les adolescents en 2017.

Après de fortes hausses en 2014, les consommations de tabac, d’alcool et de cannabis chez les jeunes de 17 ans sont de nouveau en baisse. Si ces consommations sont parmi les plus basses enregistrées depuis le début des années 2000, elles se maintiennent cependant à un niveau élevé. C’est le double enseignement de la neuvième édition de l’enquête Escapad, menée en mars 2017 auprès de 46 054 jeunes participant à la journée Défense et citoyenneté. Les résultats ont été publiés mardi 6 février par l’Observatoire français des drogues et toxicomanie (OFDT).

Le tabac, l’évolution la plus significative
Crédit photo: Photo archives Christophe Lefèbvre – VDNPQR

La consommation de tabac est en nette baisse chez les jeunes de 17 ans. Seul un quart (25,1 %) d’entre eux fumait quotidiennement en 2017, contre près d’un tiers (32,4 %) en 2014, soit une baisse de 7 points en trois ans. Ils étaient 41,1 % en 2000, lors de la première édition de l’enquête. Depuis 2014, la proportion de jeunes ayant déjà essayé le tabac chute de près de 10 points, passant de 68,4 % à 59 %. Selon l’OFDT, plusieurs facteurs expliquent cette « disgrâce » de la cigarette. L’image du tabac est devenue « résolument négative » auprès des adolescents, rapporte une enquête qualitative menée par l’organisme entre 2014 et 2017 auprès d’un échantillon de 200 mineurs (étude Aramis). Parmi les motifs invoqués : le prix, jugé « excessif », ou le caractère « chimique » et « dangereux ». « La cigarette est, dans cette génération, souvent désavouée dès les premières expérimentations », relève le rapport. Les adolescents interrogés, nés en 2000, ont par ailleurs toujours connu l’interdiction de la vente de tabac aux mineurs (depuis 2009) ainsi que celle de fumer dans les lieux publics, bars et restaurants (2007 et 2008). Des mesures qui ont contribué à rendre la consommation de cigarette anormale à leurs yeux.

La consommation de cannabis en baisse mais il garde une bonne image !
Crédit photo: Scienceetavenir

Le cannabis est le produit illicite le plus consommé en France, avec 17 millions de Français qui l’ont expérimenté. Les fortes hausses constatées en 2014 ne se confirment pas en 2017. La proportion de jeunes de 17 ans ayant déjà goûté au cannabis a même baissé de 9 points en trois ans, passant de 47,8 % à 39,1 %. Un recul que Julien Morel d’Arleux, le directeur de l’OFDT, explique par le relèvement de l’âge d’expérimentation du tabac. « Il faut d’abord savoir fumer du tabac avant de savoir fumer du cannabis », dit-il. Entre 2017 et 2014, les jeunes fumant du cannabis régulièrement sont un peu moins nombreux (7,2 % contre 9,2 %) tout comme ceux consommant occasionnellement (21 % contre 25,5 %).  Mais pas question pour autant de crier victoire. « Le niveau de consommation régulière fait toujours partie des plus élevés d’Europe », relève l’OFDT. Ce qui empêche également de se réjouir, c’est que la bonne image du cannabis demeure auprès des jeunes, selon l’étude Aramis. « La dégradation de l’image sociale du tabac au sein des nouvelles générations semble aller de pair avec une certaine normalisation du cannabis (en particulier sous forme d’herbe) », relève l’enquête. « Les jeunes estiment que le cannabis est moins addictif et “dangereux” que la nicotine, n’étant assimilé ni à la maladie ni à la mort. Cette image moins défavorable est accentuée par les propriétés “naturelles” prêtées à l’herbe. ». C’est notamment sous la forme d’herbe que se consomme aujourd’hui principalement le cannabis. 66,7% des jeunes interrogés disent avoir consommé du cannabis sous forme d’herbe plutôt que de résine (31,6 %). L’observatoire révèle que 7,4 % des adolescents de 17 ans qui étaient susceptibles, en 2017, de présenter un risque élevé d’usage problématique de cannabis, soit environ 60 000 jeunes.

L’alcool, ancré dans les mœurs, constitue la baisse la plus faible
Crédit photo: CNEWS Matin

Si la consommation d’alcool chez les jeunes est elle aussi à la baisse, le phénomène est moins net que pour le tabac. Les jeunes en ayant consommé dans le mois précédant le questionnaire sont moins nombreux en 2017 qu’en 2014 (66,5 % contre 72 %). La baisse de la consommation d’alcool, lente, s’inscrit dans une longue tendance. L’alcool reste « massivement perçu comme banal, festif et convivial », souligne l’enquête Aramis, qui relève « la place centrale de l’alcool dans les sociabilités, parentales puis juvéniles, marginalisant les non-initiés ». La consommation d’alcool est une « obligation sociale qui débute avec l’initiation en famille », fait valoir l’étude.

Par ailleurs, il est à noter que seulement 11,7% des jeunes n’ont jamais consommé aucune des trois substances.