Le « stealthing » consiste en un retrait du préservatif non consenti et dissimulé au partenaire au cours d’une relation sexuelle. Cette pratique à risque est un comportement qui serait courante aux Etats-Unis d’après un article universitaire écrit par Alexandra Brodsky et publié dans le Columbia Journal of Gender and Law. Bien que moins médiatisée, cette pratique fait aussi des victimes en France et en Europe.

Le « stealthing », qui pourrait être traduit par « passer en mode furtif » se répand beaucoup, dans les universités américaines notamment. Sur le web des communautés d’hommes se forment autour de cette pratique afin de partager leurs expériences. Ils évoquent notamment « le droit de l’homme à répandre sa semence ». D’autres sont attirés par l’excitation provoquée par la notion d’interdit, des hommes qui vont jusqu’à partager des guides.

Le premier coup de projecteur médiatique sur le « Stealthing » fut lors de l’affaire Julian Assange. En 2010 le fondateur de Wikileaks est soupçonné de violences sexuelles par la police suédoise. Les deux victimes ne nient pas avoir eu des rapports consentis mais accusent Julian Assange d’avoir retiré son préservatif sans leur consentement. En droit suédois cette pratique répond à l’infraction « sexe par surprise ».

La pratique du « stealthing » constitue t’elle un viol ?

La question se pose cela peut il être considéré comme un viol ?  Le viol est défini en droit français comme « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. » par l’article 222-23 du code pénal. Le « stealthing » pourrait correspondre à la notion de surprise. Cependant de nombreuses victimes interrogées par Alexandra Brodsky commencent leur témoignage par « Je ne suis pas sûr(e) que ce soit un viol, mais… ».

Au coeur du problème se pose la question du consentement. Il s’agit au départ d’une relation consentie, mais cet accord comprend le port d’une protection. Si le partenaire supprime cette dimension le consentement n’est plus là. Le port d’une protection fait donc partie prenante du consentement il s’agit là du point qui fait du « stealthing » un viol.

Un point qui en Suisse a permis de faire condamner pour viol un homme ayant pratiqué le « stealthing ». Ce Français de 47 ans a été condamné à 12 mois de prison avec sursis. L’avocat de la défense définissait l’affaire comme un « plan cul entre adultes consentants avec accident de préservatif ». Pour la Cour il s’agissait d’un rapport non protégé imposé, car comme l’explique le président de la Cour « Si la plaignante s’était rendu compte que l’homme avait enlevé le préservatif, elle aurait refusé l’acte ». En plus de la question du viol, cette pratique induit aussi des risques de transmission de maladies sexuellement transmissibles ou de grossesses non désirées.