Cette semaine au cinéma, deux films abordent le sujet délicat du terrorisme. Le dernier Clint Eastwood sur la tentative d’attentat à bord du Thalys Bruxelles-Paris et Stronger, sur l’attentat de Boston.

Un casting plus vrai que nature
Le réalisateur Clint Eastwood revient avec Le 15h17 pour Paris. Le film retrace cette soirée du 21 août 2015. Trois militaires américains, en voyage en Europe, montent à bord du Thalys 9364 à destination de Paris. Ils ne le savent pas encore, mais ces hommes ordinaires vont devenir extraordinaires. Comment ? En déjouant une attaque terroriste qui menaçait la vie de 500 passagers. Pour être au plus proche de la réalité, Clint Eastwood a convié les 3 militaires à jouer leurs propres rôles. A découvrir aujourd’hui dans les salles.

Vivre pour survivre
15 avril 2013, à Boston. Erin participe au marathon. Son petit ami, Jeff Bauman est venu l’encourager près de la ligne d’arrivée. Une bombe explose. En une fraction de seconde, la vie tranquille de Jeff bascule. Dans l’attentat, il perd ses deux jambes et commence un long combat physique, psychologique et émotionnel. Stronger, un film poignant avec Jake Gyllenhaal.

Le sensationnalisme américain
Ce n’est pas la première fois que le cinéma américain s’intéresse au sujet du terrorisme. World Trade Center et Vol 93 abordent les attentats du 11 septembre, 5 ans après les faits, en insistant sur la dimension héroïque des personnages. Un mode opératoire que l’on retrouve aujourd’hui avec Le 15h17 pour Paris et Stronger. Pour Nick James de la revue britannique Sight and Sound, « Le cinéma américain ne craint pas du tout d’adapter des événements historiques ou des histoires vraies ». Oui, Hollywood est friand d’adaptations spectaculaires et de la mise en scène de héros ordinaires.
Une pudeur ou une autocensure à la française ?
Le cinéma français est loin d’avoir le même regard qu’Hollywood sur le sujet. En France, tout projet abordant des événements terroristes est rapidement reconduit. Fin décembre, France 2 abandonne son téléfilm sur l’attaque du Bataclan alors que le tournage était terminé. Une décision prise face à l’indignation d’associations de victimes et la mobilisation en ligne de milliers d’internautes. « Les Etats-Unis n’ont cessé d’interroger leur histoire à travers le cinéma, parfois presque en temps réel tandis qu’en France, il y a une forme d’autocensure, comme si personne n’était prêt à explorer ces plaies non refermées », estime Guillaume Evin, auteur de L’Histoire fait son cinéma. Peut-on parler de tout au cinéma ? A vos débats.