C’était une des promesses de campagne du candidat Macron. Le retour du service national, version 21ème siècle. Un an après, le sujet refait surface. Mais rien n’est clair… Etat des lieux.

En 1997, Jacques Chirac supprime le service militaire obligatoire afin de « professionnaliser » les armées. 20 ans après, Emmanuel Macron opte pour une mesure voisine : le service national universel.
Service militaire ou pas service militaire ?
Réponse du président : « Ce service n’est pas un service militaire, même si j’ai souhaité qu’on puisse y prévoir l’ouverture à la chose militaire, c’est pour cela qu’il est national, et il est universel parce que je souhaite qu’il puisse être obligatoire ».
Obligatoire ou pas obligatoire ?
La confusion règne. Le 9 février dernier, la ministre des Armées Florence Parly dévoile que le futur SNU « n’aura probablement pas un caractère obligatoire ». Sauf que deux jours plus tard, son collègue Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur déclare « En indiquant pas obligatoire, la ministre a voulu dire pas punitif : elle n’a pas remis en cause sa vocation universelle, c’est-à-dire ayant vocation à concerner tous les jeunes ». Verdict : le SNU est obligatoire… ou pas. Invité le 13 février dernier par l’Association de la presse présidentielle, Emmanuel Macron déclare « la partie obligatoire elle-même n’est pas encore finalisée, mais je pense que ça sera entre trois et six mois ». Merci Président.
Qui est concerné ?
Si le service national universel est mis en place, il s’adressera à environ 600 000 jeunes par an. Il interviendra dans les trois ans après le 18ème anniversaire de chacun. La question de l’âge n’a pas encore trouvé de réponse.
C’est quoi l’objectif ?
« Le socle d’une solidarité nationale affermie ». Pour Emmanuel Macron, le SNU aurait une vocation d’intérêt général et permettrait aux jeunes « de s’engager dans le domaine social, environnemental, culturel ». Il serait « un rendez-vous pour toute la Nation, où chaque jeune doit s’engager quels que soient son origine et son milieu social ».

Comment ça va se passer exactement ?
Les députés Marianne Dubois et Emilie Guérel proposent un service national sous la forme d’un « parcours citoyen en 3 étapes », réalisé entre 11 et 25 ans :
  • Première étape au sein du collège, entre 11 et 16 ans : « un enseignement moral et civique renforcé » ainsi qu’« une semaine annuelle de la défense et de la citoyenneté (obligatoire) »
  • A 16 ans : « un rite de passage » s’ajouterait à l’actuelle JDC (Journée de Défense et de Citoyenneté). 2 possibilités : soit pendant une semaine en internat pendant les vacances scolaires, soit pendant une semaine dans le monde associatif.
  • Entre 16 et 25 ans : « une incitation à l’engagement, facultative, dans des dispositifs éprouvés : service civique, garde nationale, engagement associatif… »
Le service national universel est encore aujourd’hui un projet flou. Beaucoup de contradictions et de questions entourent encore ce projet.