Le seul et unique débat d’entre deux tours qui s’est tenu à trois jours de l’élection a-t-il plu ? Nous avons été interroger les habitants des 13ème et 3ème arrondissement de Paris pour s’en faire une idée. Ce sont les circonscriptions respectives dans lesquelles chacun des candidats qualifiés au second tour a fait son meilleur score dans la capitale. Leurs réponses sont sans demi-mesure : un niveau bas, pas d’échanges sur le fond, et surtout une suite d’invectives indignes de la fonction présidentielle.

Le « Grand débat », comme il est coutume de l’appeler. Celui qui oppose les deux finalistes avant le vote du second tour à la Présidentielle. Institution en France. Cette fois-ci, encore plus que les autres, il était très attendu!

Dans les 3ème et 13ème arrondissement de Paris, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont réalisé respectivement 6,5% et 45% des suffrages exprimés, leur meilleur score dans la métropole.

Pour Juliette, jeune architecte habitant le 3ème, « ça volait pas très haut », « c’était pas vraiment un débat ». « Finalement, les deux candidats ont passé leur temps à se taper dessus » constate-t-elle avec dépit. « C’était assez décevant en terme de niveau » ne manque-t-elle pas de préciser. « Je ne pense pas que ça ait répondu à beaucoup de questions en terme de programme ».

Pour Loup, un autre habitant du quartier, juriste dans l’immobilier, ce débat est « juste catastrophique ». Il pointe du doigt « le niveau relativement faible », le « peu d’arguments dans un sens comme dans l’autre » ; et « Mme Le Pen qui n’arrêtait pas d’attaquer et Emmanuel Macron qui n’arrêtait pas de se défendre sans jamais faire de propositions concrètes ni dans l’un ni dans l’autre sens ».

Pour Nina en revanche, commerçante,  qui habite également cet arrondissement, c’était « un très bon débat », qui montre que les choses en France « sont en train de changer ». Elle semble attendre avec impatience et confiance les résultats du second tour.

Damien, jeune ingénieur vivant dans le 13ème, attendait davantage un débat sur le fond plutôt qu’une « discussion sur…qui va donner la meilleure insulte » pour reprendre ses termes. Un débat « confus », « pas top quoi ! ». Comme Loup, il considère que c’est « Marine Le Pen qui a envenimé le débat ».

Frédéric reprend la comparaison faite par Médiapart de Marine Le Pen à un « troll ». Dans un article du 4 mai, elle est qualifiée de « premier troll de France » pour ses « insinuations, contrevérités et formules chocs » durant le débat. Marine Le Pen « trumpise » le débat pour les journalistes. Pour Frédéric, ce débat « c’est un peu n’importe quoi », « un niveau très très très bas ». « J’ai trouvé que c’était un peu honteux pour la démocratie française parce que quand même avoir un débat d’un niveau aussi faible c’est un peu la honte ». « J’attendais une confrontation de programmes ».

Anne-Marie, enseignante à la retraite, souscrit pleinement à cette analyse. « J’ai trouvé que Mme Le Pen était dans le ricanement, très pauvre en argument, ne parlant jamais de son programme, attaquant le programme de l’autre en le caricaturant ». « J’ai trouvé que c’était un débat qui ne faisait pas honneur à la France ». Avant de conclure : « c’est inquiétant que la France ait deux candidats de ce niveau là ».

Tout un programme !