Le procès de Jawad Bendaoud, « le logeur des terroristes du 13 novembre 2015 » s’ouvre aujourd’hui à Paris. Un mystère plane autour de cet individu énigmatique et dangereux, mais que les internautes continuent de prendre pour un guignol. Double face ?

C’est le premier procès concernant les attentats de Paris du 13 novembre 2015 (mais surement pas le plus important). Accusé de « recel de terroristes », Jawad Bendaoud avait logé deux des auteurs des tueries ainsi que leurs complices. Il risque six ans de prison et 90 000 euros d’amende.

Pourtant, il y a trois ans, Jawad s’était présenté comme l’instrument involontaire des terroristes. Quelques jours après les événements du 13 novembre, la perquisition de son appartement de Saint-Denis avait donné lieu à une scène lunaire. Jawad se retrouvait devant le micro de BFMTV pendant que le GIGN fouillait son logement (les forces de l’ordre ne savaient pas à ce moment où se trouvait le propriétaire des lieux). Sa déclaration avait été surréaliste : « J’ai appris que c’était chez moi, je n’étais pas au courant que c’était des terroristes. On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service. »
La France découvrait alors un personnage qui semblait un peu dépassé par les événements. Un individu gauche, candide, naïf…

Naïf, vraiment ? Aujourd’hui, les six juges d’instruction ne le croient pas. Ils sont au contraire persuadés qu’il logeait sciemment  des terroristes, même s’il ne connaissait probablement pas leurs projets.

Un véritable tollé sur les réseaux sociaux

En dépit de cette suspicion d’association de malfaiteur, Jawad reste le bouffon du web. Et les détournements de photos, parodies et autres trolls refont aujourd’hui surface. «C’est celui dont on a ri après avoir trop pleuré », avait résumé l’un de ses avocats, Xavier Nogueras.