Le 1er mars 2018, le paquet de cigarettes passera à 8 euros. Le gouvernement met en place une hausse progressive du prix du paquet qui atteindra 10 euros d’ici novembre 2020.  L’objectif : Diminuer significativement le nombre de consommateurs en France.

La hausse du 1er mars sera la deuxième depuis l’arrivée du nouveau gouvernement après quatre années de stabilité. Gérard Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics et Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé ont décidé et de prendre la situation à bras le corps. Car le tabac fait des ravages.  En effet, la semaine dernière l’Institut national du cancer (INCa) a estimé qu’il y a eu en 2017, 400.000 nouveaux cas de cancer et 150.000 décès. En moyenne, le tabac cause 80 000 décès en France. Cette hausse significative du prix du tabac n’est qu’un début. Le prix du paquet de cigarette doit atteindre 10 euros d’ici novembre 2020, par bonds progressifs et étalés dans le temps, afin de permettre aux fumeurs « de se préparer, de trouver les moyens d’arrêter » avait prévenu Agnès Buzyn. Selon l’arrêté, le paquet de Marlboro rouge et Gold, qui était à 7,30 euros, va augmenter à 8 euros, le numéro un du marché français ayant apparemment décidé d’absorber lui-même une partie de la hausse des taxes.

La hausse des prix fait-elle baisser le nombre de consommateurs ?

« Nous estimons que cette hausse de 1 euro en moyenne par paquet contribuera à faire baisser les ventes légales de tabac de 10 à 15 % en 2018 par rapport à 2017 », a indiqué Eric Sensi-Minautier, directeur des affaires publiques de British American Tobacco (BAT), quatrième sur le marché français des cigarettiers. L’an passé, les ventes ont reculé de 1,49 % en volume selon le fournisseur de la quasi-totalité des buralistes.Statistiquement, toute hausse du prix du paquet de cigarettes est suivie d’une réduction du nombre de fumeurs. Depuis 1990, le prix du paquet est passé de 1,5 à 7 €. Dans la même période, le nombre de cigarettes vendues a chuté de 95 à 44 milliards. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’augmentation des prix du tabac est « le moyen le plus efficace de diminuer la consommation ». La hausse du prix entraîne une diminution du nombre de fumeurs. Quant à ceux qui continuent de fumer, ils diminuent leur consommation. L’augmentation du prix décourage aussi les jeunes de commencer à fumer, et les personnes ayant arrêté de recommencer.

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Cependant, si s’attaquer au prix des cigarettes est un premier pas, « il faut qu’on ait une approche qui soit cohérente et qui concerne l’ensemble des produits du tabac », explique Emmanuelle Béguinot, directrice du Comité national contre le tabagisme. Elle préconise des majorations de taxes parallèles sur le tabac à rouler, pour éviter des transferts de consommation. La Cour des comptes estime que la vente de tabac à rouler a continué à progresser en France, car il reste moins taxé que les cigarettes.

La hausse du prix du tabac entraîne une économie parallèle

Néanmoins, la consommation ne baisse pas dans les mêmes proportions que les hausses de tarif appliquées régulièrement depuis une quinzaine d’années en France, en raison notamment du développement d’un « marché parallèle » qui a « pris le relais » des buralistes, selon un spécialiste du secteur. En France, cette problématique se pose particulièrement dans les régions frontalières. « Le Luxembourg alimente ainsi à peu près vingt fois son marché national », selon Emmanuelle Béguinot. Car des habitants des pays voisins se rendent au Luxembourg pour y acheter des cigarettes, bien plus abordables que dans l’Hexagone.

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