Nicolas Sarkozy est en garde à vue depuis hier matin dans les locaux de l’office anticorruption à Nanterre. Il est interrogé sur un possible financement de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye. Ce n’est pas la première fois que l’ancien chef de l’Etat a affaire à la justice. Retour sur 10 affaires.

 

Le financement libyen de la campagne de 2007

En 2012, le journal Médiapart publie un article qui laisse supposer que Nicolas Sarkozy aurait reçu 50 millions d’euros de la part de Mouammar Kadhafi, alors président de la Lybie, pour organiser sa campagne présidentielle de 2007.

C’est dans ce cadre que Nicolas Sarkozy est en garde à vue aujourd’hui.

Les sondages de l’Elysée

En 2009, alors que Nicolas Sarkozy est président de la République, la Cour des comptes publie un rapport faisant apparaître la commande d’études d’opinion par l’Elysée aux sociétés appartenant à Patrick Buisson et Pierre Giacometti, conseillers du président. Problème : les appels d’offre ne sont pas en règle.

L’ancien secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, et l’ex-directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, sont mis en examen en 2017 pour « détournement de fonds publics par négligence ». Quant à Nicolas Sarkozy, bénéficiant de l’immunité présidentielle, il refuse de se présenter comme témoin dans cette affaire.

Bettencourt

Nicolas Sarkozy était soupçonné d’avoir profité de la fortune de Liliane Bettencourt, encore une fois pour financer sa campagne présidentielle de 2007. Mis en examen en mars 2013 pour abus de faiblesse, Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un non-lieu cinq mois plus tard.

Liliane Bettencourt. Crédit photo : Minute News
Les écoutes (ou « Bismuth »)

Dans le cadre de l’enquête sur le financement de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy est placé sur écoute. Les enquêteurs surprennent une conversation entre « Paul Bismuth », alias Nicolas Sarkozy, et son avocat Thierry Herzog. Ils tentent d’obtenir des informations sur l’affaire Bettencourt auprès de l’avocat général à la Cour de cassation, Gilbert Azibert. En échange d’informations sur l’avancée des procédures le concernant, Nicolas Sarkozy se serait engagé à lui obtenir un poste à Monaco, ce qu’il n’a finalement pas fait.

Depuis juillet 2014, l’ancien chef de l’Etat et son avocat sont mis en examen pour « trafic d’influence », « corruption » et « recel de violation du secret professionnel ».

L’arbitrage Tapie

En 2008, l’homme d’affaire Bernard Tapie bénéficie d’un arbitrage lui accordant 403 millions d’euros pour régler son litige avec le Crédit lyonnais, évitant ainsi une procédure judiciaire ordinaire. Les juges soupçonnent que cet arbitrage soit l’initiative de Nicolas Sarkozy, alors président de la République.

En décembre 2016, c’est finalement l’ex-ministre de l’Economie, Christine Lagarde, qui est jugée coupable de négligence par la Cour de justice de la République, mais pas condamnée. La justice a annulé l’arbitrage en février 2017.

Bernard Tapie. Crédit photo : L’Express
Le Kazakhgate

En 2012, le Canard enchaîné révèle que la présidence française aurait fait pression sur des parlementaires belges pour éviter une condamnation à trois oligarques kazakhs. Ces mesures auraient eu pour objectif d’améliorer les relations entre la France et le Kazakhstan, afin de permettre la vente de plusieurs hélicoptères.

Rien ne prouve de manière formelle l’implication de l’ancien président, mais l’enquête est toujours en cours.

Bygmalion

L’affaire concerne cette fois les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Ils auraient été alimentés au moyen de fausses factures au nom de la société Bygmalion, qui organisait la campagne, afin de cacher le dépassement du plafond autorisé de 22,5 millions d’euros.

Mis en examen en 2016, Nicolas Sarkozy est renvoyé un an plus tard devant le tribunal correctionnel pour « financement illégal de campagne électorale », « complicité d’escroquerie » et « usage de faux ». L’ancien président a interjeté appel, mais il est toujours mis en cause.

Les pénalités de l’UMP

En juillet 2013, le Conseil constitutionnel invalide les comptes de la campagne pour la présidentielle de 2012 de Nicolas Sarkozy. Ce dernier est condamné à payer environ 500 000 euros. Mais c’est l’UMP qui met la main à la poche.

En septembre 2015, l’information judiciaire aboutit à un non-lieu général. Entre-temps, Nicolas Sarkozy rembourse le montant du dépassement constaté au parti, pour apaiser les polémiques.

Les jets privés

En 2013, des voyages en jet privé sont pris en charge par la société Lov Group, dirigée par un ami de Nicolas Sarkozy.

Comme il n’est pas démontré que ces dépenses d’avion étaient contraires aux intérêts de la société, les juges ordonnent un non-lieu.

Nicolas Sarkozy descendant d’un jet. Crédit photo : AFP / Xavier Leoty
Karachi

Le 8 mai 2002, un attentat a lieu à Karachi, au Pakistan, causant la mort de quatorze personnes. Lors de l’enquête, les juges viennent à soupçonner un financement occulte de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, en 1995. Nicolas Sarkozy est alors le porte-parole de la campagne. Il aurait approuvé la création de structures offshore pour permettre au candidat de toucher des rétro-commissions, des pots de vins versés à l’occasion de contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie Saoudite.

Début mai 2017, Nicolas Sarkozy est convoqué pour être entendu par la Cour de justice de la République, mais seulement comme témoin dans l’affaire.