Fin janvier, dans le département de l’Oise, 200 chasseurs sélectionnés par la gendarmerie vont patrouiller dans la forêt pour assister les forces de l’ordre. Une mesure controversée.

C’est une mesure inédite en France. Celle qui va donner à une brigade de 200 chasseurs vigilants un « accès privilégié » aux forces de l’ordre. Pour Guy Harlé d’Ophove, président de la Fédération des chasseurs de l’Oise, qui compte 18 000 adhérents ils « seront un peu les RG des campagnes ».

400 chasseurs volontaires, 200 feront l’affaire

Voitures abandonnées, dépôts d’ordures sauvages, braconnage, véhicule suspect… seront entre autres les délits principaux que les chasseurs devront surveiller de près. En composant le 17 et en donnant un code d’identification, les chasseurs vigilants auront un lien direct avec la gendarmerie qu’ils devront alerter en cas d’urgence.

Luc Vandenabeele, trésorier de l’association et président de l’association de chasse d’Anserville, près de Méru, est à l’origine du projet. Il confie : « Il y a trois ans, à la suite de vols sur nos parcelles, nous avions mené notre propre enquête, installé des caméras. Cela a permis à la gendarmerie d’arrêter les auteurs, qui ont été condamnés. » Il poursuit : « Et pourquoi pas aussi aider aux recherches des personnes disparues ? Une fois j’ai même retrouvé un coffre-fort volé en plein milieu d’un bois ! » Mais attention, les chasseurs n’exercent en aucun cas le rôle des gendarmes. Ils ne doivent pas intervenir, sauf si c’est pour porter secours.

« Nous faisons un premier tri, puis c’est la gendarmerie qui sélectionne les candidats » explique la Fédération.
Une des premières conditions pour être sélectionné c’est d’avoir un casier judiciaire vierge ! A peu près 400 chasseurs sont volontaires et «110 ont déjà été sélectionnés » selon la Fédération qui déclare pour finir : « nous voulons couvrir toute l’Oise. Un chasseur pour trois communes, c’est bien pour commencer, nous verrons ensuite s’il faut développer. »

Crédit photo: Le Parisien

Une mesure controversée

L’Oise comporte 687 communes, il y a 1119 gendarmes au lieu des 1175 prévus. Un déficit comblé par cet appoint des chasseurs. Cependant, la Ligue des droits de l’homme de l’Oise a vivement réagi en demandant au gouvernement de « cesser la casse du bien commun plutôt que de faire insidieusement appel à une milice en tenue de camouflage ! »

Cette mesure inédite en France à de quoi surprendre ou faire sourire. Mais c’est un renfort de poids pour les forces de l’ordre. Alors attention, le gibier n’est plus seul à être traqué par les chasseurs dans la forêt… Les délinquants aussi.

 

Crédit photo: Le parisien