Publié lundi, le plan loup, qui fixe un plafond d’abattage de 40 loups pour 2018, et organise la « coexistence » entre l’animal et les troupeaux ne satisfait ni les éleveurs ni les défenseurs de la vie sauvage.

« Il n’y a pas de choix parfait », résumait récemment le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot. « Je suis obligé de tenir compte des éleveurs, donc je suis obligé malheureusement de prendre des mesures qui me font mal aux tripes, de dire il va quand même falloir tuer quelques loups », lançait-il dans l’émission Au Tableau sur C8.

Il ne faut pas abattre plus de 10 à 12% de la population

Le plan loup 2018-2023, publié lundi après plus d’un an de concertations tendues, fixe un plafond d’abattage de 40 loups pour 2018. Mais, ce nombre sera « actualisé » une fois connus les chiffres de population des loups au printemps et le plafond d’abattage sera fixé à 10% de la population. Les scientifiques recommandent de ne pas abattre plus de 10 à 12% de l’effectif chaque année pour ne pas remettre en cause la viabilité de l’espèce et atteindre les 500 individus que vise le gouvernement d’ici 2023.

A partir de 2019, le plafond annuel sera fixé à 10% de la population, avec possibilité de relèvement à 12% « en cas d’atteinte du plafond avant la fin de l’année civile et de dommages particulièrement importants », a précisé le ministère de la Transition écologique.

Les éleveurs veulent plus de liberté pour abattre des loups

Les tirs de prélèvement ne pourront se faire qu’entre septembre et décembre, mais les éleveurs pourront « toute l’année » se défendre « en cas d’attaque », a déclaré Nicolat Hulot.

« Notre inquiétude, c’est qu’il faudra l’accord du préfet coordonnateur pour dépasser la limite des 40 loups autorisée quand il y a une attaque », a toutefois réagi la présidente de la FNSEA Christiane Lambert lors d’une conférence de presse. « Nous avons demandé qu’à chaque attaque, on tue le loup en cause. Cela permet d’éliminer le loup agressif et d’apprendre aux autres ce qui se passe quand on s’approche des troupeaux », a-t-elle ajouté.

Les éleveurs contestent également, les indemnisations des éleveurs qui seront désormais soumises à la mise en place préalable de mesures de protection. Une vingtaine de députés LREM de zones de montagne avaient réclamé début février une modification du plan, en particulier de cette mesure, « pas acceptable » selon eux.

Les défenseurs de la vie sauvage tir à bout portant sur l’Etat
Crédit photo: Stéphane Lemouton/ Bestimage

Chez les défenseurs de l’écologie, le plan n’a pas été bien reçu. « Le tir indifférencié de loups est plus qu’inefficace, contreproductif », ont commenté dans un communiqué commun plusieurs ONG dont WWF et France Nature Environnement, dénonçant un « manque de courage politique ». « L’Etat montre ainsi qu’il est dans une position défensive et qu’au lieu d’assumer un objectif de coexistence, il n’a ni le courage de rappeler le cadre de la loi ni celui d’affirmer qu’il est nécessaire que l’élevage s’adapte à la présence de cette espèce protégée », ont ajouté les ONG.

Les attaques de loups se sont multipliées ces dernières années.  De 1.400 brebis en 2000, on est passé à près de 10.000 attaques de brebis en 2016.Dans cette optique, le plan prévoit des aides à la protection des troupeaux (bergers pour le gardiennage, chiens, parcs électriques) et le développement de mesures de protection et d’effarouchement « innovantes ».

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