Le cinéaste américain Milos Forman, né dans l’ex-Tchécoslovaquie, est mort vendredi à l’âge de 86 ans.

Né en 1932 à Caslav, en ex-Tchécoslovaquie, le réalisateur était, est et restera un brillant représentant de la Nouvelle Vague tchèque et du cinéma Hollywoodien. Retour sur la carrière de celui dont les films sont devenus des références.

Le cinéma comme toile de fond

Forman perd ses parents à l’âge de 13 ans. Son père, juif et résistant, meurt à Auschwitz en 1943 ; sa mère, l’année suivante à Buchenwald. Il aurait pu alors prendre un chemin sombre et sinistre mais ce ne serait pas Milos Forman. Il intègre un établissement pour orphelins où il étudie et rencontre un certain Ivan Passer, qui deviendra par la suite son assistant sur ses premiers films. Il poursuit ses études au sein de la Famu, l’école supérieure de cinéma de Prague, symbole de la Nouvelle Vague tchèque, dont il sera le chef de file.

Ses premiers pas de cinéaste

En 1963, il sort son premier court-métrage Le Concours, suivi de As de Pique et les Amours d’une blonde. Il devient alors la figure de la jeunesse de son pays, avide de joie et d’amour dans une société figée et étouffante. Ses premiers films sont le miroir d’une réalité sociale, d’une énergie populaire et d’une intimité des corps qui n’avaient à l’époque pas leur place dans le cinéma tchèque.

La conquête de l’Amérique

Août 68. La répression du Printemps de Prague et l’invasion du pays par les troupes soviétiques poussent Forman a quitté son pays. Il s’exile d’abord à Paris avant de s’installer aux Etats-Unis en 1969. Quelques années plus tard, en 1975, il sort son chef d’œuvre qui lui vaudra un oscar, Vol au-dessus d’un nid de coucou. Il y évoque des questions essentielles : l’oppression de l’individu, le rejet de l’anormalité, l’enfermement et la dimension spectaculaire de toute forme de révolte.

Le maître du biopic

Avec Amadeus (1984), son triomphal film sur Mozart qui raflera 8 oscars, Forman entame une série de portraits qui le propulseront au rang de maître de biopic. Son atout : mettre en avant dans les biographies des figures qu’il choisit, ce qu’elles peuvent avoir de monstrueusement singulier et de socialement inassimilable. La preuve avec Larry Flynt (1996) qui revient sur la vie du pornographe du même nom et Man on the Moon (1999), porté par l’excellent Jim Carrey dans la peau du comique Andy Kaufman. Rescapé du nazisme et du stalinisme, il a fait de son œuvre cinématographique, le miroir du réalisme.