Le joint électronique fait fureur. C’est la nouvelle mode. Une tendance qui ravit les vendeurs de cigarettes électronique mais qui alarme certains professionnels de la santé.

Depuis quelques mois un produit de e-cigarette contenant du CBD, une molécule du cannabis est commercialisée. Le produit n’est pas illégal. En France, il est autorisé de commercialiser et de consommer un produit contenant moins de 0.2% de THC. Les industriels de la e-cigarette se sont engouffrés dans la brèche. Sur la quasi-totalité des sites de vente en ligne, une rubrique est maintenant consacrée au e-joint et en fait la promotion. Les boutiques ayant pignon sur rue ne sont pas en reste non plus, se félicitant la manne financière qui s’offre à eux.

Chez les jeunes un effet de curiosité plus qu’un réel intérêt

Les afficionados du cannabis ne sont pas prêts à laisser tomber leurs feuilles à rouler pour le liquide. Ils jugent les effets trop loin de ceux du cannabis et la consommation moins agréable. Rémy lui, ne fume pas mais vapote. Il s’est laissé tenter par le phénomène de mode : « J’ai essayé parce que ça me faisait rire et ça m’intriguait. C’est marrant, c’est vrai que ça détend un peu mais ce n’est pas non plus incroyable ». Certains sont tout de même tombés sous le charme : « ça fait trois mois que j’en consomme, c’est vraiment génial ! Je suis beaucoup moins stressé et je dors mieux. J’essaie de faire découvrir ce produit à tout le monde autour de moi. » Malgré tout, le phénomène ne semble pas être une alternative au cannabis chez les jeunes ni un réel centre d’intérêt au-delà d’une curiosité passagère. C’est en revanche les soi-disant vertus du produit qui inquiètent le plus.

crédit : designjob.fr

Une utilisation thérapeutique qui inquiète

Ce qui préoccupe les spécialistes de la santé et le gouvernement c’est l’usage thérapeutique qui est mis en avant par les vendeurs ainsi que par certains médecins. Le CBD aurait le même principe actif que le cannabis à usage thérapeutique et pourrait ainsi soulager des patients atteints de la maladie de Parkinson ou de la sclérose en plaque par exemple. Ainsi certains médecins conseillent à leur patient d’aller se procurer ce produit, légal, afin d’atténuer les symptômes de leur maladie.  Sauf qu’aucune étude sérieuse n’a été faite sur les bienfaits du produit et ses éventuelles répercussions sur la santé.

Retour du débat sur la légalisation du cannabis

Cela fait ressortir le spectre du sempiternel débat sur la légalisation du cannabis. Si celui-ci était autorisé, la question du CBD ne serait même pas venu sur la table. Son utilisation est maintenant possible à l’air d’inhalateurs. Exit la combustion et ses effets dévastateurs, le cannabis est inhalé sans risques autres pour la santé que ceux liés au THC lui-même. Sa consommation par des patients malades ne serait donc pas plus dangereuse (même très certainement moins dangereuse) que celle des joints électroniques.

Des études sont en cours à la Pitié Salpêtrière pour déterminer les effets de la consommation du CBD des e-joints. En attendant, sa consommation est en libre-service, et la question de son interdiction est déjà sur les tablettes de certains élus.