Trois lycéens portent plainte contre l’Etat, après avoir été victimes selon eux de contrôles au faciès. Ils sont soutenus par leur enseignante, Elise Boscherel.

Le 1er mars, au retour d’un voyage scolaire à Bruxelles, en Gare du Nord, Mamadou, Ilyas et Zakaria sont contrôlés par la police. Mais ce contrôle a lieu en la présence de leur enseignante et du reste de la classe. Les trois adolescents d’Epinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, et leur professeure tentent de déposer une plainte au commissariat de Saint-Denis. Les agents refusent de recevoir leur plainte. Leur avocat Salim Ben Achour a annoncé lundi que les lycéens et Elise Boscherel assignent l’Etat en justice pour « discrimination raciale ». Maitre Salim Ben Achour a également déclaré qu’il entendait saisir le Défenseur des Droits, Jacques Toubon.

Soupçons de contrôles au faciès

Ces trois contrôles, aléatoires selon la police, étaient d’après les lycéens et leur professeure basés sur des critères physiques. Ilyas est marocain, Mamadou est malien et Zakaria est comorien. A une heure de pointe ce contrôle leur semble était encore plus injustifié.

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« Porter plainte contre l’Etat, c’est donc leur seule solution »

Durant une conférence de presse, Elise Boscherel a déploré le traitement que peuvent subir ses élèves face à la police : « Deux policiers ont très mal parlé à mes élèves et cela a bien failli déraper car leurs camarades ont voulu prendre leur défense (…) Nous avons ensuite voulu porter plainte au commissariat de Saint-Denis » mais la plainte a été refusée rappelle-t-elle. Elle ajoute pour justifier une telle démarche : « Il y a une impossibilité pour ces jeunes de se défendre comme n’importe quel citoyen. Porter plainte contre l’État, c’est donc leur seule solution ». Dans un post sur Facebook, l’enseignante détaille les conditions dans lesquelles se sont déroulés ces contrôles. Elle appelle ses collègues à se mobiliser lorsque leurs élèves subissent le même traitement.

APPEL CONTRE LES DISCRIMINATIONS EN SORTIES SCOLAIRESMercredi 1er mars 2017, en revenant d'un séjour scolaire à…

Publié par Elise Boscherel Deniz sur dimanche 12 mars 2017

Des jeunes, français, qui ont l’égalité à coeur

Présent lors de la conférence de presse, Mamadou précise cependant qu’il « ne faut pas mettre tous les policiers dans le même sac, car il y a des policiers qui font très bien leur travail ». Mais il souhaite se battre pour que les règles d’égalité face à la loi soient appliquées à tous, dans les mêmes conditions. « Cela m’a choqué, humilié et révolté. La France est un pays que j’aime, je me sens Français, mais on n’est pas tous égaux et c’est inacceptable ».

Elise Boscherel continue de se battre pour ses élèves

En attendant une décision de la justice, Elise Boscherel continue son combat contre ces discriminations, via les médias et les réseaux sociaux.