Lors d’une interview accordée à l’AFP, Zeid Ra’ad Al Hussein, le Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU répète qu’il est impossible « d’exclure la possibilité d’un acte de génocide » de la population Rohingyas. Il affirme que les actions de l’armée Birmane étaient planifiées.

En l’absence de l’ONU et des ONG sur place, c’est Médecin Sans Frontières (MSF) qui a publié le premier rapport officiel sur les exactions du régime birman dans l’état de Rakhine au Nord du Myanmar (nom officiel de la Birmanie). Le rapport fait état d’au moins 6700 morts dont 730 enfants de moins de 5 ans entre fin août et fin septembre. L’ONG affirme que son chiffre est « clairement sous-estimé car il n’inclut pas les ménages totalement exterminés ni les populations restées au Myanmar ». L’estimation est  basée uniquement sur l’interview des survivants parvenus jusqu’aux camps d’accueil. Les attaques de l’armée birmane ont entraîné un exode de plus de 655 000 personnes vers le Bangladesh voisin.

Crédit : Daily Sun. Camp de réfugié au Bangladesh où de nombreux enfants arrivent seuls après avoir perdu leur famille.

L’armée birmane sur la défensive

Depuis le début du « massacre » des Rohingyas, les autorités birmanes nient être impliquées dans les atrocités dénoncées par la communauté internationale. Elles auraient uniquement répondu à des attaques sur des postes de police de l’Arakan. Le 25 août dernier, une action des rebelles musulmans a causé la mort d’une douzaine de policiers. A l’inverse, Zeid Ra’ad Al Hussein  dénonce « des crimes horribles, des enfants pourchassés et égorgés. (…) Vous ne pouvez pas exclure la possibilité d’actes de génocide (…) Vous ne pouvez pas exclure que ça ait eu lieu. »

Les tribunaux vont trancher sur la responsabilité de Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix

La dirigeante de la Birmanie Aung San Suu Kyi se défend d’être liée aux exactions de l’armée. Interrogé à ce sujet, Zeid Ra’ad Al Hussein laisse le soin aux tribunaux de trancher mais estime « qu’il existe aussi le crime d’omission. Si vous étiez totalement au courant que ces développements se déroulaient et que vous n’avez rien fait pour y mettre un terme, vous pourriez être tenu pour responsable. » En attendant, il est quasiment impossible  de vérifier  la situation sur place, l’accès étant filtré par l’armée qui accuse les médias de relayer de « fausses informations ». Aung San Suu Kyi affirme que le calme est revenu dans la région mais ces derniers jours, des photos satellites de villages en flammes, démontrent le contraire.