Emmanuel Maurel et Olivier Faure se sont porter mercredi candidats au poste de Premier secrétaire du Parti socuialiste, alors que Najat Vallaud-Belkacem, a jeté l’éponge. L’avenir du PS reste plus que jamais incertain. D’autant que les bases mêmes du parti semblent menacées de toute part : échecs électoraux, vente du siège… Etat des lieux.

Une ligne de départ modifiée après le forfait de Najat Vallaud-Belkacem

Emmanuel Maurel, figure de l’aile gauche du PS et député Européen a officialisé mercredi sa candidature pour prendre la tête de la formation politique. Emmanuel Maurel juge qu’il y a une « utilité historique du PS » qui « n’a pas disparu ».« Le partage des richesses au coeur de notre identité, reste d’actualité. Le PS redeviendra central à gauche s’il renoue avec les classes populaires et moyennes qui se sont détournées de lui », poursuit-il. Mais cette candidature était un secret de polichinelle car Emmanuel Maurel avait déclaré quelques jours plutôt à L’express:  » « Évidemment que je serai candidat à la tête du PS ». Cette annonce est arrivée quelques heures après celle de Olivier Faure, le député de Seine-et-Marne qui a pris sa décision après que l’ancienne ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, pressentie pour déposer sa candidature, a finalement annoncé le 3 janvier préféré prendre du recul en se tournant vers le monde de l’édition.

Emmanuel Maurel est le quatrième candidat. Il rejoint ses collègues députés Stéphane Le Foll, Olivier Faure et Luc Carvounas, qui fut le premier à faire acte de candidature, fin novembre 2017.

Il semble que le renoncement de Najat Vallaud-Belkacem, ancienne Ministre de l’Education nationale et pressentie pour succéder à Jean-Christophe Cambadélis, ait rebattu les cartes et débloque bien des ambitions.

D’autres candidatures pourraient être officialisées dans les jours qui viennent. Le coordinateur du PS, Rachid Temal, et le conseiller régional d’Ile-de-France Julien Dray ont laissé entendre que le poste pourrait les intéresser. Les deux hommes, issus de la majorité du PS, ont réservé leur réponse à une date ultérieure.

L’avenir de la tête du PS semble donc plus floue que jamais. D’autant que le parti doit également régler quelques affaires avant de se relancer à la conquête de son électorat.

Des records catastrophiques, un désastre historique

Le parti socialiste essaie, en effet, de se reconstruire depuis les défaites de la Présidentielle et des Législatives. La débâcle a été historique pour le Parti socialiste. A l’issue du second tour des élections législatives le PS a conservé seulement 29 sièges à l’Assemblée nationale. Un résultat catastrophique pour les socialistes, qui avaient obtenu 295 sièges en 2012. Il s’agit, de loin, du plus mauvais résultat du parti depuis sa création en 1969. Ajoutons à cela la défaite retentissante de Benoît Hamon à la présidentielle qui a terminé cinquième du scrutin avec seulement 6,36% des voix. Le score le plus bas d’un candidat PS à une élection présidentielle.

Même son de cloche du côté du nombre d’adhérents. C’est la bérézina pour le parti socialiste. Au mois de novembre, ils étaient seulement 120 000 adhérents revendiqués par le parti, mais seules 42 000 personnes seraient à jour de cotisation.

Le siège du PS vendu pour 45 millions d’euros

Conséquence de cette fuite des adhérents et d’une trésorerie en souffrance : le bâtiment de la rue de Solférino à Paris, siège du parti, va être vendu à Apsys, un groupe immobilier français, pour 45,55 millions d’euros. La vente sera formalisée en février 2018 au plus tard, et le PS devra quitter les lieux le 30 septembre dernier délai. La décision de se séparer de l’immeuble avait été prise le 19 septembre.

L’opération est une réponse aux difficultés financières auxquelles doit se préparer le Parti Socialiste. En perdant 250 députés aux dernières législatives, le parti a vu fondre ses rentrées d’argent public, qui constituaient une part importante de ses recettes. Pour les mêmes raisons, il a dû enclencher un plan social massif : seuls 42 postes sur 100 vont être conservés en 2018.

Malgré tous ses points négatifs qui s’enchaînent depuis des mois pour le parti de gauche historique, Olivier Faure croît au redressement du parti, il déclare au Monde : « Personne n’a remplacé le Parti socialiste. Qu’il s’agisse du libéralisme jupitérien de l’un, du populisme protestataire de l’autre ou du nationalisme identitaire de la troisième, aucune de ces visions ne se substitue aux objectifs et aux réponses socialistes. »

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