Attendu depuis déjà près d’un an, « L’Alternative Tunisienne » est en marche depuis hier. C’est bien la signification du nouveau parti politique que vient de lancer l’ancien premier ministre tunisien, Mehdi Jomâa.

De son appellation arabe, « El badil Ettounsi » (l’alternative tunisienne), le parti, veut redonner de l’espoir à la population. Sans idéologie marquée, un maximum de citoyens peuvent s’y retrouver.

Avec le slogan « patrie, vision et réalisation », le but est d’apporter, de la fraicheur, aux possibilités du pays qui a stagné, ces dernières années. Il laisse entendre que tous nouveaux projets ou adhésions sont les bienvenues. Le discours s’adresse à tout le monde, à la Tunisie silencieuse, celle qui travaille mais plus particulièrement aux jeunes et aux femmes. Il les encourage d’ailleurs à s’engager à ses côtés.

Ce pays de plus de 10 millions d’habitants a toujours été avant- gardistes politiquement depuis l’avènement de son indépendance en 1956 et de sa république en 1957.Depuis le printemps arabe, en 2010, le pays qui l’a vue naître, a mit du temps à s’adapter aux changements …Le peuple attendait un renouveau mais ces deux dernières années, Nidaa Tounes et Ennahda, cohabitant au gouvernement, n’ont pas comblée ses espérances. La population est restée, relativement frustrée.

Mehdi Jomâa a donc pour ambition d’améliorer les anciennes stratégies politiques, d’éradiquer le favoritisme et la corruption, encore trop présente, selon lui.

Mérite, travail et initiative sont les fondements du parti. Plusieurs figures emblématiques les illustrent. On retrouve d’ailleurs dans l’équipe, d’anciennes figures du gouvernement, du monde du barreau ou encore de l’entreprenariat.

Les grandes lignes de son programme n’ont pas été développé mais l’objectif de Mehdi Jomâa est clair. Il veut réunifier et consolider l’Etat qu’il juge affaibli à cause de son économie. Il considère qu’elle est une cible potentielle pour les autres pays malintentionnés.

Ce parti, composé de 17 membres fondateurs et de 700 personnalités politiques de divers horizons, misent sur un avenir très proche. Les élections municipales prévues d’ici la fin de l’année, seront un premier test mais l’échéance des législatives et des présidentielles de 2019, le seront encore plus. Ce nouveau virage tunisien pourra t-il redonner au pays, son soufle ?

Audrey PRONESTI