La Cour de cassation a débouté aujourd’hui le cas d’une personne intersexe. Cet individu souhaitait voir la mention « sexe neutre » figurée sur son état civil. Comme lui, de plus en plus de personnes ne se retrouvent pas dans l’un des deux sexes.

Né ni homme, ni femme, ce sont les parents de Gaëtan qui ont choisi son genre à sa naissance. Aujourd’hui, âgé de 66 ans, il se bat pour reconnaître l’existence d’un sexe neutre. Lui qui ne s’est jamais senti à l’aise en tant qu’homme et ne se sent pas femme pour autant, veut toujours créer un précédent en France malgré son échec en Cour de cassation.

Intersexe : nouveau genre

Plus qu’un simple phénomène de société ou une lubie farfelue, c’est une vraie bataille juridique dont Gaëtan est le précurseur. Dans l’Hexagone, 1 enfant sur 4000 environ est atteint d’une malformation génétique des organes génitaux à la naissance. Conséquence, une échelle de 1 à 5 a été mise en place par les médecins : 1 correspond à des organes génitaux externes clairement masculins, 5 à des organes génitaux externes clairement féminins.

Cette nécessité d’échelonner le genre des nouveau-nés fait suite à des condamnations de l’ONU. En effet, l’année dernière, par 3 fois la France a été reconnue coupable de « tortures et mutilations sur enfants ». Ce qui rend désormais impossible pour des parents d’opérer leur enfant intersexe, pourtant pratique très courante depuis la deuxième moitié du XXe siècle.

Caster Semenya, sprinteuse Sud-Africaine et double championne olympique, est intersexe

Ailleurs dans le monde

Alors pour faire face au nombre croissant de personnes qui se proclament du sexe neutre, certains pays modernisent leur législation.

En Allemagne, il est ainsi possible de choisir la mention « sexe indéterminé » sur son état civil. Néanmoins, très peu d’allemands optent pour ce choix, même s’il est possible de le modifier au cours de sa vie.

À l’autre bout du monde, en Australie depuis 2014 il est possible d’être reconnu comme de « genre non spécifique ». Ainsi un « X » remplace les traditionnels « F » ou « M » sur les papiers d’identité. Même chose en Nouvelle-Zélande et au… Népal ! Seule différence, pour ces deux derniers pays le « X » australien est remplacé par un « O ».

Enfin dans la province de l’Ontario au Canada, il est possible là aussi de définir son sexe d’un « X » sur son permis de conduire. Permis qui reste tout de même valable dans tous le pays.

Des prises de position fortes que de plus en plus d’états devront prendre dans le futur. On estime aujourd’hui qu’environ 1.7 % de la population mondiale est intersexe.