Depuis quelques semaines, la Fondation EDF dans le VIIe arrondissement de Paris accueille une exposition consacrée aux jeux vidéo. Une plongée dans l’histoire de cet art vidéoludique qui rapproche petits et grands devant l’écran. Focus sur un divertissement devenu un véritable outil de socialisation.

« Le jeu vidéo, c’est une grande partie de ma vie » confie Jules, un élève en école d’art venu visiter l’exposition le temps de sa pause déjeuner. Pour ce jeune Parisien, le jeu vidéo est synonyme de divertissement, de liberté et d’imagination « le jeu nous permet d’entrer dans un univers. De découvrir, certains aspects ou certaines histoires qu’on ne connaissait pas. Par exemple depuis 3 ans, je joue à Napoleon Total War, un jeu qui retrace l’épopée Napoléonienne. On est mis en situation, ca change tout, on est très loin des cours d’histoire. Sans ce jeu, je connaitrais juste Napoléon l’empereur, pas le stratège militaire.»

Un avis que ne partage pas Jean-Claude, venu avec son fils Théo. En effet, pour le père de famille de 3 enfants, le jeu vidéo reste avant tout un divertissement. Et n’a pas d’autre vocation que cela « Je joue parfois avec Théo, mais c’est un moyen pour nous de faire des activités en famille. Après je ne me leurre pas, je sais qu’il passe trop de temps sur sa console. On essaye de le limiter de temps en temps, juste le weekend par exemple. On est obligé, sinon il pourrait jouer pendant des heures sans s’arrêter » précise le libraire qui s’est octroyé un jour de repos pour s’occuper de son fils pendant les vacances scolaires.

Au bout de l’allée principale, face aux jeux d’arcade. Un trentenaire, sac à dos à la main tente de dompter la Game Boy géante accrochée sur le mur de l’exposition. Entre deux parties de Tetris, Jérôme confie que sa première console était « une Playstation que j’avais eu à noël. Je m’en suis d’ailleurs racheté une l’année dernière.» Une madeleine de Proust qui évoque bien des choses au jeune ingénieur « J’ai commencé à jouer avec mon grand-frère, depuis je continue, et je crois que c’est la seule activité qu’on fait tous les deux comme il y a 15 ans. Parfois on s’affronte en ligne, même quand il vivait à New York l’année dernière, c’était un moyen pour nous de garder le contact. » Le jeu, comme vecteur des relations sociales voir familiales.

Tout l’inverse de Sofiane, livreur chez Conforama depuis 8 ans. Pour ce trentenaire au crâne rasé, le jeu vidéo a eu des conséquences désastreuses sur sa vie sociale. De son propre aveu, le travailleur a passé de très nombreuses heures sur son écran d’ordinateur. Fan absolu de la série Counter Strike, un jeu dans lequel le joueur incarne un militaire chargé d’abattre ses ennemis à travers le monde, le père de famille avoue avoir été accroc à la saga. Au point de jouer parfois 15h d’affilée « ca m’arrivait de me réveiller la nuit parce que j’y pensais. ». Depuis le jeune homme a préféré arrêter l’ordinateur. « A un certain âge, il faut savoir couper, et puis il y a d’autres préoccupations qui rentrent en jeu, les amis, les filles. D’ailleurs si j’osais aujourd’hui passer dix heures sur mon écran comme avant, ma femme me ferait sûrement la peau » confie hilare le jeune homme.

Pourtant, le jeu vidéo reste pour la majorité des gens une activité de socialisation. Un moment de partage, à l’image de Thierry et Paul, un père et son fils. Les deux générations, grâce au jeu, se retrouve pour partager « Aujourd’hui quand je rentre du travail, il est sur sa console. Au début j’étais réticent et puis je me dis que ça reste un bon moyen pour moi d’entrer dans son monde et de partager des moments avec mon fils ».