Le célèbre violoniste de jazz français Didier Lockwood est mort à l’âge de 62 ans, dimanche 18 février.

La veille, il donnait un concert au bal Blomet, une salle de jazz parisienne. Didier Lockwood est décédé dimanche soir à la suite d’une crise cardiaque. Il avait 62 ans. Retour sur ce talentueux violoniste qui laisse derrière lui un pays en deuil.
La musique dans la peau
« Didier c’était M. 100 000 volts. Je n’arrive pas à réaliser », confie son agent M. Deghelt. A seulement 13 ans, Didier Lockwood intègre l’orchestre lyrique du théâtre municipal de Calais, sa ville natale. Trois ans plus tard, il décroche les premiers prix du conservatoire de Calais et de musique contemporaine de la Sacem. Malgré une formation classique, il fait le choix de se tourner vers le jazz. A l’aube de sa majorité, il est révélé par la scène jazz-rock et rejoint le groupe légendaire Magma au dépit du conservatoire national de Paris. Lockwood, c’est un homme de style : jazz-fusion électrique, jazz acoustique, jazz manouche, jazz et musique classique. Il sait tout faire.C’est aussi un homme passionné et très impliqué dans l’éducation à la musique : auteur d’une méthode d’apprentissage du violon jazz, il avait créé en 2001 le Centre des musiques Didier Lockwood à Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), une école d’enseignement de l’improvisation, dont il fut adjoint à la culture. Le jazzman avait également remis en 2016 un rapport au gouvernement sur l’apprentissage de la musique. Il s’y inquiétait d’une enfance « formatée » par la technologie moderne, en « panne de sens » et prônait un apprentissage de la musique par plus d’oralité et moins de solfège.
 Un homme bien entouré
 Avec son violon, Didier Lockwood côtoie les plus grands du monde du jazz. Il multiplie les collaborations : Miles Davis, Claude Nougaro, Richard Bohringer, Jacques Higelin ou encore la regrettée Barbara.
« On avait énormément de projets en cours. Il venait d’enregistrer un disque avec son épouse Patricia Petibon. ». Côté cœur, le violoniste était marié à la soprano Patricia Petibon. Il avait également partagé sa vie avec la chanteuse lyrique soprano Caroline Casadesus, petite-fille de l’actrice Gisèle Casadesus. De cette union née Mathilde, en 1995.
« Son épouse, ses trois filles, sa famille, son agent, ses collaborateurs et sa maison de disque ont la douleur de faire part de la disparition brutale de Didier Lockwood dans sa 63ème année », annonce son agent dans un communiqué.
Un hommage en musique et en politique
 De nombreuses personnalités du monde de la musique et des personnalités politiques ont rendu hommage sur les réseaux sociaux au musicien d’exception. Un homme humble et délicat selon ses confrères.
« Un amour de mec, et peut-être le plus grand musicien avec lequel j’ai eu l’honneur de jouer ». Le musicien Louis Bertignac pleure le décès d’un de ces amis les plus chers, depuis sa page Facebook.

Une tristesse partagée par le comédien Yvan Le Bolloc’h qui a tenu a souligné les qualités humaines du violoniste. « Ce dimanche soir est bien sombre » déplore-t-il.

 Le monde de la politique est également en berne. Le président de la République Emmanuel Macron a salué le « rayonnement, l’ouverture d’esprit et l’immense talent musical » de l’artiste.

Mais l’hommage le plus émouvant revient à l l’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira, qui avec une belle plume a écrit depuis son compte Twitter : « Didier Lockwood ? Non, on ne meurt pas si facilement ! Il fait soudain plus froid dans mon cœur que sur les flancs enneigés des côtes d’Ottawa ».

Didier Lockwood avait reçu une Victoire de la musique en 1985. Il devait rendre hommage à Django Reinhardt en mars, lors d’un concert.