Une campagne d’affichage contre le harcèlement sexuel a été lancée, lundi 5 mars, dans les transports en commun d’Île-de-France. Les féministes ne sont pas convaincues.

Près de 9 femmes sur 10 ont déjà été victime de harcèlement sexuel dans les transports. Face à ce constat, le ministère des transports a mis en place une campagne destinée à encourager les victimes et témoins de tels actes à « donner l’alerte ». Pour cela, l’affiche conseille d’appeler le 3117 par téléphone ou 31177 par SMS. Ce numéro d’urgence permet d’alerter de n’importe quel danger dans les transports, y compris des faits de harcèlement.

Sur les affiches, ont peut voir des femmes menacées par des prédateurs. Pas des prédateurs sexuels, mais des animaux dits féroces : loups, ours, requin… Et c’est bien la le hic.

Les harceleurs représentés comme des animaux

Plusieurs associations féministes ont critiqué la représentation des agresseurs dans cette campagne.

Dans un long thread, Valerio Motta, ancien conseiller en communication de la secrétaire d’État chargée des Droits des femmes Pascale Boistard, explique que la métaphore des animaux n’aide pas les potentiels agresseurs à se remettre en question.

En effet, cette campagne réunit tous les stéréotypes bien ancrés dans la « culture du viol » : une jolie jeune femme, un pervers dangereux… Il ne manquerait plus qu’une ruelle sombre et le cliché serait parfait. Or, le harceleur est la plupart du temps un usager des transports lambda qui ressemble à M. Tout le monde.

De plus, cette représentation semble valider l’idée selon laquelle les harceleurs agiraient sous la contrainte d’une forme de « pulsion naturelle ».

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a justifié le choix des animaux par la volonté de ne pas stigmatiser tous les hommes, mais seulement les « prédateurs ». Mais est-ce suffisant ?

Cette campagne vient s’ajouter à la longue liste d’affiches françaises censées lutter contre le harcèlement sexuel… Mais sans représenter explicitement les hommes. Dans d’autres pays pourtant, les autorités n’hésitent pas à afficher des situations de harcèlement réalistes, quitte à être crues.

Une campagne qui renvoie la responsabilité aux victimes

L’autre critique formulée à l’encontre de ces affiches est qu’elles incitent les victimes (et les témoins) à réagir contre les harceleurs, au lieu de condamner directement ces derniers.

Au delà des critiques, de nombreux Twittos se sont tout simplement moqués de la campagne.