L’avenir de la zone à défendre (ZAD) de Notre Dame des Landes devrait être décidé d’ici la fin du mois. Suite au rapport rendu par le ministre de l’écologie Nicolas Hulot en décembre, sensé évaluer les impacts qu’aurait le projet sur le bocage, les élus locaux concernés par le dossier ont rendez-vous cette semaine avec le Premier ministre. Une décision doit être rendue par Edouard Philippe d’ici fin janvier.

Un agrandissement de Nantes-Atlantique envisagé

Dans le rapport des médiateurs, l’option d’agrandir l’aéroport déjà existant a été mise en avant. Le projet nécessite de fermer la piste pendant quelques mois. Cette alternative semble être la plus attractive. Elle permet de préserver la zone de Notre Dame-Des-Landes (NDDL) défendue par les écologistes et de revoir nettement à la baisse le budget initialement prévu pour construire un aéroport. L’aéroport Nantes-Atlantique pourrait ainsi accueillir jusqu’à 9 millions de passagers en 2040.

La décision devra être approuvée par le président. Edouard Philippe est conscient de la difficulté de la décision : « je sais bien que la décision que nous nous apprêtons à prendre, quelle qu’elle soit, sera difficile et critiquée. Parce que ce dossier a traîné, qu’il s’est enkysté et que certains de nos prédécesseurs ont tergiversé ou préféré attendre que d’autres décident. Je ne sais même pas si j’étais né quand on a commencé à parler de Notre-Dame-des-Landes ».

Même en cas d’abandon du projet de NDDL, une évacuation de la ZAD se profile.

Une Zone à Défendre qui fait peur

L’image d’une zone de non droit, flanquée d’une milice armée prête à en découdre, est mise en avant par les pro-aéroports. Lors d’une manifestation en octobre 2016 rassemblant plusieurs milliers de personnes à NDDL, des bâtons avaient été plantés symboliquement sur une colline. Les pro-aéroports n’ont pas hésité à les décrire comme une « herse » destinée à ralentir les véhicules des forces de l’ordre. Plus loin, un espace souterrain a été creusé pour entreposer de la nourriture au frais l’été. Les pro-aéroports l’ont définie comme une « cache d’arme ».

crédit : Presse Océan – Nathalie Bourreau : la forêt de bâtons décrite comme une herse par les pro-aéroports.

L’image donnée par ces pro-aéroports et certains médias est loin de la réalité. Les occupants n’ont pas formé de milice et n’ont aucun intérêt à attendre un affrontement direct avec les forces de l’ordre. Ils ne sont en revanche pas prêts à se laisser déloger sans réagir : « Si les forces de l’ordre nous attaquent, nous nous défendrons. On n’est pas là pour se battre, on a horreur de la violence. J’ai des enfants, je ne veux pas finir en prison. On répondra par symétrie ! Il n’y a aucune volonté de blesser, ou de létalité » a déclaré au micro de France Info un des zadistes.

Quelle suite pour les zadistes ?

Plus de 200 personnes occupent encore la ZAD aujourd’hui, sur 1650 hectares de terrain. Même si le projet d’aéroport est annulé, ils ne semblent pas disposés à quitter les lieux. Après plus d’une décennie d’occupation, ils ont construit une vie sur place, en collaboration avec les agriculteurs locaux.

Si le projet est abandonné, l’action des zadistes qui n’a déjà pas bonne presse perdra toute légitimité aux yeux du grand public. Une question reste : l’action militaire envisagée par le gouvernement pour déloger les occupants aurait-elle encore du sens? La stratégie des pro-aéroports est d’ostraciser et de criminaliser les zadistes… Mauvaise augure. N’est-ce pas une façon de préparer l’opinion publique à une action coup de poing, et de légitimer une fin dramatique ?

En attendant, les différentes associations défendant la ZAD appellent à un rassemblement de

soutien le 10 février à NDDL.