Migrant. Réfugié. Clandestin. Face à la vague de migration actuelle, on emploie ces termes à notre guise. Un méli-mélo de mots attribués à tort et à travers, que l’on continue d’utiliser sans vraiment connaitre leurs portées. Les dissonances sont pourtant explicites. Etat des lieux. 

On s’y perd. L’immigration, partie intégrante de notre quotidien est complexe.
Loin d’être synonyme, les termes « migrant » et « réfugiés » disposent de statut juridique bien diffèrent.

Définitions

Un migrant international est une personne qui vit temporairement ou en permanence dans un pays dans lequel il n’est pas né, mais acquis aussi des liens sociaux le pays d’arrivé (UNESCO). Il s’agit d’une catégorie générale à laquelle appartient les étudiants étrangers par exemple, mais aussi les réfugiés. Devient travailleur migrant une personne qui exerce une activité rémunérée dans le pays d’accueil. (Convention internationale des Nations-Unies sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs famille).

Un réfugié est une personne éligible au statut, persécutée du fait de sa race, de sa religion, de son appartenance, de sa nationalité à un groupe social ou des opinions politiques et qui ne peut recevoir une protection de son pays (Convention de Genève de 1951). C’est ainsi que vient le terme de demandeur d’asile, catégorisant une personne qui quitte son pays, pour obtenir le statut de réfugié.

Clandestin. Il s’agit d’un terme, souvent péjoratif pour une grande partir de la population, du fait que l’on pense que ces personnes sont rentrées illégalement sur le territoire. Sauf que, la plupart des clandestins sont rentrés légalement dans le pays d’accueil, donc rentrés comme des migrants internationaux. Etre clandestin est le fait de demeurer dans le pays ou on se trouve une fois le visa expiré. Ces derniers basculent dans la catégorie des sans papiers s’ils n’ont pas eu le droit de séjourner dans ce pays durablement, ou après le refus d’une demande d’asile.

Des concepts tristement erronés 

Les hommes politiques, tout comme les médias évoquent le terme de « crise des migrants » pour décrire les situations catastrophiques façonnant l’actualité de toute pièce. Une expression fourre-tout qui amène amalgame et euphémisme et qui détonne sur la vision des pays d’accueil.

Crédits : Philippe Lopez à afp.com

Rappelons-le, le statut juridique entre migrants et réfugiés n’est pas le même. Il est possible de renvoyer un migrant dans son pays s’il se trouve dans une situation qui n’est pas régulée, mais il est impossible de renvoyer un réfugié dans son pays d’origine, car sa vie et en danger.
L’ONU affirme que la grande partie des personnes arrivant sur le sol européen sont des réfugiés, et non des migrants.

L’expression « crise des migrants » banalise cette tragédie, qui trace les contours du quotidien des réfugiés. Ainsi, cet euphémisme entraine des connotations injustifiées. L’intégralité des réfugiés sont des migrants, mais l’intégralité des migrants ne sont pas des réfugiés.

Une banalisation à l’influence péjorative pour ces réfugiés, dans l’obligation de quitter leur pays, de quitter leur vie. Il serait peut-être temps de comprendre qu’un réfugié n’est pas un migrant.