La comédie de Kev Adams fait scandale

« Gangsterdam », sorti mercredi, fait déjà polémique. Par certains, le second degré est remis en cause. Le film comprendrait des scènes choquantes homophobes, racistes, et sexistes ainsi que d’autres faisant l’apologie du viol.

Le film est destiné aux ados, et a été classé par le CNC (centre national du cinéma) « tout public avec avertissement », « certaines scènes pouvant heurter la sensibilité ».

La scène qui a le plus choqué est celle où l’un des personnages qui veut commettre un viol (Côme Levin) dit à son interlocuteur qui refuse de participer (Kev Adams), au moment où ils arrivent chez la femme de leur ennemi : « je te parlais du viol cool. Pas du viol triste où ça chiale, ça crie, ça porte plainte».

La réplique a déclenché des réactions sur twitter de spectateurs scandalisés : « quand on voit la tranche d’âge fan de Kev Adams, leur apprendre qu’un viol peut être « cool » c’est intolérable ! », « C’est une manie de faire l’apologie du Viol ou de le minimiser dans le cinéma ? », « Choquant », « Bien avant l’histoire de viol, j’ai lâché au tabassage de prostituées ».

Un des producteurs du film, Alain Attal (avec Studio Canal et France 2), juge la vanne « super-drôle», et l’acteur principal dit qu’il faut « la prendre au 4ème degré ». Que faut-il en penser ?

Une réglementation laxiste ?

Sur son site, le CNC précise que « l’avertissement est destiné à l’information du spectateur sur le contenu de l’œuvre ou certaines de ses particularités », et que « cet avertissement doit alors être exposé à la vue du public, à l’entrée des salles de façon claire, intelligible et apparente ». Cela signifie qu’il revient à l’exploitant de prévenir le public avant l’achat des billets.

Les journalistes de « 20minutes » qui dénoncent « un film abominable », précisent qu’ils n’ont eu « droit à aucune annonce lors de la séance à laquelle ils ont assisté », « qu’ils auraient bien aimé savoir dans quoi (ils) s’embarquaient ».

En droit français, les œuvres cinématographiques sont soumises à une classification suite à deux visionnages par un comité et une commission, en vue d’informer le public de la nature de leur contenu. Sur son site, le CNC reconnaît que le cadre général de l’appréciation de l’œuvre ne comporte aucune « méthodologie », ni « grille d’évaluation », ni « critères précis » ; ce « qui permettrait de déterminer directement la tranche d’âge pour laquelle une œuvre cinématographique est appropriée ». Il est expliqué que l’appréciation de l’œuvre est faite dans son ensemble, que sont prises en compte « le sujet et son traitement », que les scènes sont « replacées…dans la logique propre de la narration pour tenir compte de la distanciation, de la mise en scène ou de la complaisance dans le traitement ».

Une « fraîcheur » inquiétante

L’acteur principal, Kev Adams, dans une interview donnée au Parisien TV, qualifie ce film de « super comédie délirante, innovante, jeune moderne fraîche, et en plus trash et politiquement incorrect dans un moment où tout est très politisé » et parle de « vraie collaboration commune » entre lui et les deux scénaristes à l’écriture du « script cadre ».

De fait, le film est classé dans les catégories « comédie » et « action », mais s’inscrit dans l’ère du temps où le « trash » et le « 2nd degré » sont manifestement vulgarisés dans les séries, les émissions de télévision et de radio.