La 37 ème édition du livre ferme ses portes aujourd’hui. Chaque année ce sont plus de 150 000 spectateurs* qui se retrouvent porte de Versailles pour assouvir leurs envies de littérature. Si les visiteurs ne manquent pas, beaucoup regrettent un prix trop élevé ou demandent même une gratuité pour ouvrir l’accès à la culture et à la « plus grande librairie de France » au plus grand nombre.

Si la question du prix d’entrée revient chaque année, cette année c’est Maxime Chattam, auteur chez Albin Michel, qui a mis le feu au poudre en refusant de venir sur le salon.

L’auteur a été soutenu par de grandes plumes comme Bernard Pivot ou Pierre Assouline, journaliste et écrivain membre de l’Académie Goncourt, qui explique à l’Obs, « On ne paye pas pour une entrée dans une librairie. Ce n’est pas que l’entrée est trop chère, c’est qu’elle devrait être gratuite. On nous dit que cela donne accès à des écrivains, mais dans une librairie aussi on a accès à des écrivains, et l’entrée est gratuite. (…) Quelqu’un qui vient en famille, qui se gare au parking, a déjà dépensé 30 ou 40 euros avant d’avoir acheté un livre ».

Si le salon du Livre est gratuit pour les moins de 18 ans, pour les autres il faut débourser 10 euros en semaine et 12 euros le week end pour d’accéder au salon, soit le moment ou le plus grand nombre de personnes ont la possibilité de venir.  Du côté des visiteurs, l’avis de Maxime Chattam est partagé. Une grande partie des jeunes présents ont soit moins de 18 ans ou ont profité d’invitations. Pour Pauline, 22 ans étudiante,

« le prix est trop élevé et du coup on achète moins facilement un livre, comme on a déjà dépensé 10 euros pour rentrer ».

Du côté des éditeurs même son de cloche, l’entrée est trop chère, si la fréquentation n’en pâtit pas, peu nombreux sont les visiteurs qui repartent un livre à la main. Cependant la gratuité n’est pas forcément la solution. Pour Jean-Louis Malherbe, qui travaille pour la maison d’édition Ibis Rouge, « la gratuité c’est pas la solution, il faudrait un minimum, par exemple une entrée à 12 euros, 4 euros pour l’entrée du salon et les 8 euros restant comme bon d’achat, vous croyez qu’il y aurait quelqu’un qui sortirait sans livre, non tous ils auraient un livre ». Une idée déjà mis en place dans plusieurs salons littéraires comme celui de Montreuil. Pour Martine Rousseau Rossman, de l’INED (Institut National d’Etude Démographique), la gratuité n’est pas non plus envisageable, « c’est vrai qu’ils viennent pour acheter des livres, mais il y a comme même un exposant qui organise et qu’il faut rémunérer, et une programmation très riche en événements. Mais il y a des bas, les exposants payent et les visiteurs payent est ce que c’est pas trop cher ? »

Les maisons d’édition sortent aussi le chéquier. 

La réticence des visiteurs à acheter se répercute directement sur les maisons d’édition, surtout les plus petites. Elles ne rentrent pas dans leurs frais. Sur le salon les stands sont très chers, pour 13 m2 la maison Ibis Rouge doit payer entre 15 et 16 mille euros alors que le chiffre d’affaire lui se situe entre 10 et 12 mille euros. Cette situation pousse beaucoup de petite maison d’édition à renoncer au salon, impactant ainsi la diversité culturelle présentée aux lecteurs, comme l’explique Martine Rousseau Rossman de l’INED « nous en tant qu’exposant on déplore surtout le cout du salon qui ne permet pas à plein de petits éditeurs de venir, notamment des revues, c’est là où je trouve que la diversité de l’édition n’est plus représenté et c’est dommage (…) c’est forcement l’éditeur qui a le plus de moyen qui est placé en premier ». Et même ces grandes maisons ne s’y retrouvent pas forcément, par exemple Fayard et Stock, qui  appartiennent à Hachette livre, ont choisi de ne pas venir cette année.

*Cet année le salon a enregistré en moyenne -15% de fréquentation par rapport à l’année dernière.