Serait-on à l’aune d’une véritable guerre pour l’écologie ? L’ONG Global Witness a publié son rapport annuel sur le nombre de morts dans le monde en rapport avec la lutte pour la préservation de l’environnement. En 2016, plus de 200 militants auraient été assassinés c’est un record.

Crédit : Orlando Sierra Agence France-Presse Manifestation au Honduras en hommage à l’activiste Berta Caceres, assassinée en mars 2016.

Des Brésiliens, des Colombiens, des Philippins et des Indiens : ce sont les premiers concernés par les meurtres perpétrés dans la lutte pour la protection de la planète. Ces assassinats en forte hausse dans le monde, selon un rapport annuel établi par l’ONG Global Witness. En 2016, plus de 200 militants auraient été assassinés, et c’est un chiffre à imaginer nettement en deçà de la réalité. Les populations autochtones, qui sont les principales touchées (40% des cas) dans leurs luttes pour défendre leurs territoires. Ils occupent ces territoires depuis des générations, aujourd’hui partout dans le monde des industriels essaient de se les accaparer.

L’Amérique latine au cœur de la tourmente

2016 est donc l’année de tous les records, avec plus de 200 morts (contre 185 en 2015) et 24 pays concernés. Dans les deux cas, c’est un record depuis 2002, année où Global Witness a publié son premier rapport. Le Brésil (49 morts), la Colombie (37), les Philippines (28) et l’Inde (16) sont les pays où l’ONG a dénombré le plus de victimes parmi les personnes engagées dans la protection de terres, de forêts et de rivières. L’Amérique latine où 40% des cas sont répertoriés, demeure le continent le plus concerné.

Criminalisation du militantisme écologique : Trump montre l’exemple

Suite à l’élection de Donald Trump, des mesures pour limiter les manifestations des groupes écologistes ont été prises dans 18 états. Pas surprenant quand on connait le climato-scepticisme affirmé du président américain. S’étant retiré des accords pour le climat de la COP 21, Trump s’emploie depuis son investiture à booster au maximum les forages pétroliers dans son pays, piétinant ainsi les mesures préventives prises par ses prédécesseurs. Global Witness s’inquiète de cette « criminalisation grandissante des activités de défense de l’environnement ».

La France pas ciblée par l’étude de Global Witness mais pas en reste pour autant

Crédit : Charlotte Gonthier et Mathieu Bruckmüller. Scène de guérilla lors de l’intervention policière au barrage de Sivens en octobre 2014.

En France aucun mort n’a été recensé en 2016. Mais on se souvient de Rémi Fraisse, militant écologiste assassiné par les forces de l’ordre le 26 octobre 2014 à Sivens dans le bassin de la Garonne. Des manifestants étaient rassemblés pour s’opposer à la construction controversée d’un barrage. Le procès du gendarme mis en cause a débouché sur un non-lieu.

Les militants se mettent de plus en plus en danger notamment lors de leurs bras de fer avec les forces de l’ordre. Comme aux Etats-Unis, la criminalisation du militantisme progresse. Ainsi en décembre 2015, lors de la COP21 à Paris, les manifestations ont été interdites par le gouvernement et la préfecture de police de Paris, cherchant ainsi à cacher sous le tapis le mouvement contestataire dans la ville alors sous les projecteurs de toute la planète. Quelques milliers de manifestants se sont tout de même rassemblés place de la république. La manifestation a été violemment réprimée par les forces de l’ordre. Nombreux ont été les blessés et pas moins de 289 militants ont été interpellés selon les forces de l’ordre, pour avoir voulu faire entendre leur voix et protéger la planète.