Si vous ne supportez plus les photos de femmes absolument parfaites, trop pour être honnêtes, bonne nouvelle, l’utilisation de photoshop devra être très clairement spécifiée.

Deux décrets visant à combattre l’anorexie ont été publiés ce matin dans le journal officiel. Ces décrets appartiennent à la loi santé portée par Marisol Touraine depuis 2015. Ils « visent à agir sur l’image du corps dans la société pour éviter la promotion d’idéaux de beauté inaccessibles et prévenir l’anorexie chez les jeunes », ainsi qu’à « protéger la santé d’une catégorie de la population particulièrement touchée par ce risque: les mannequins » Le premier décret impose « d’accompagner les photographies à usage commercial de la mention ‘photographie retouchée’ lorsque l’apparence corporelle des mannequins a été modifiée par un logiciel de traitement d’image, pour affiner ou épaissir leur silhouette », indique le ministère de la Santé. Cette obligation concerne donc les photographies dans la presse, sur les affiches, sur internet, dans les catalogues ainsi que les prospectus. La peine encourue est une amende de 37 500 euros. L’application se fera en octobre 2017. Maud Olivier, députée (PS) de l’Essonne et auteure de ce décret, déclarait en 2015 vouloir « empêcher les jeunes filles de s’affamer pour ressembler à des images qui ne représentent pas des femmes réelles ». Le second décret vise l’extrême maigreur des mannequins. Ils devront, à partir de demain, fournir un certificat médical délivré par la médecine du travail attestant « que l’état de santé global de la personne (…), évalué notamment au regard de son indice de masse corporelle, lui permet l’exercice de l’activité de mannequin ». Ce certificat sera valable deux ans. En cas de non respect, le décret prévoie 6 mois de prison et de 75 000 euros d’amende. Olivier Véran (PS) auteur du texte avait cité à l’Assemblée nationale le témoignage d’un mannequin pesant moins de 45 kg pour 1,80 m, « en état de famine », victime de malaises mais « applaudie parce qu’elle avait perdu du poids » dans son agence. Sur le campus Cluster les élèves, à l’image de Julien, Clovis et Juliette sont plutôt enthousiaste :

Propos recueillis par Cindy Tompouce

Il faut rappeler qu’en France les troubles alimentaires touchent près de 600 000 jeunes dont 40 000 sont atteint d’anorexie. Ces troubles sont la 2e cause de mortalité chez les 15-24 ans.

Des mesures déjà prisent à l’étrangers 

Madrid, est la 1ère capitale européenne, en septembre 2006, à interdire les mannequin avec un IMC en dessous de 18. En Israël, la loi «Photoshop» est votée en 2012. Elle interdit de présenter une publicité avec un mannequin qui a l’air d’être trop maigre, d’engager comme mannequin une personne trop maigre (soit avec un IMC inférieur à 18,5) et interdit d’utiliser un logiciel de retouche pour amincir les mannequins.

La maigreur en vogue depuis le début du 20e siècle

Déjà en vogue dans les années 20, avec le look garçonne qui promeut un corps féminin au formes adolescentes, la maigreur est consacrée dans les années soixante avec des idoles aux visages poupins et aux formes absentes, soit pas de seins, pas de hanches pas de fesses.

© Vogue

Si les tops models des années 80-90, comme Naomi Campbell ou Cindy Crawford était hors des codes, l’idole Kate Moss a signé le retour de la maigreur dans les années 90. Depuis la minceur extreme est restée une norme sur les podiums et les papier glacés.

Malgré une maigreur extreme qui reste très présente dans la mode quelques mannequins tentent de faire bouger les lignes. Comme Ashley Graham, mannequin grande taille, qui a diffusé hier, via le compte Instagram Vmagazine, une photo d’elle nue non retouchée, assumant ses formes et sa cellulite. Ashley Graham assume sa taille 46 et milite pour plus de diversité dans le monde la mode. Ce sont plus de 2,7 millions de personnes qui suivent sur intagram la première mannequin ronde à avoir fait la une du célèbre magazine Swimsuit Sport Illustrated. Consécration ultime, Ashley possède sa propre Barbie.

Quand internet promeut « l’amour de soi » 

Malgré des avancés, à l’image d’Ashley Graham, les podiums ont du mal à changer leurs codes. Internet est devenu depuis quelques temps le moyen pour des blogueuses de faire bouger les choses.

Gaby Gregg, une des pionnières du blogging plus size et du mouvement body positive, à l’origine du mouvement fatkini poussant les femmes rondes à se mettre en maillot de bain. Elle est une des références sur le web. Elle se bat pour casser les codes imposés aux femmes, elle confiait en 2014 : « étant une femme grosse et de couleur, j’ai toujours été traitée différemment par les marques ou les médias que les femmes blanche et minces ».

It is possible to find beauty in the softness. It is possible to fall in love with a body that you never believed was worthy of love. It is possible to find peace after spending a lifetime waging war against your body. It is possible to recover. And if I can go from being the girl on the left, terrified, lost, completely consumed by anorexia, to the body positive, belly roll embracing woman I am today, then you can find peace too. ???????????????????? P.s. I haven’t posted a recovery picture in a while, because I NEVER want you to think that you have to look like the picture on the left to have an eating disorder. You don’t. EATING DISORDERS COME IN ALL SHAPES AND SIZES. And every single one is worthy of recognition and treatment. Eating disorders are mental illnesses, not sizes. But today I realised that it’s nearly 10 years since I was first diagnosed with anorexia. 10 years on, and I’m about to finish writing a book teaching other people how to make peace with their bodies. I didn’t even think that I was going to make it out alive, let alone make it to where I am now. So this is to show that girl on the left how powerful she really is. This is to show her everything that she was capable of. This is to show her that she survived, and not only that, she thrived. I wish I could go back and show her that she had the power to do anything in the whole world all along. So this will have to do. And to everyone who’s still fighting, this is to tell you that I believe in you. ???? #bodypositivepower

Une publication partagée par Megan Jayne Crabbe ???? (@bodyposipanda) le

Megan, ancienne anorexique, se bat contre cette maladie, dénonçant les régimes et poussant les femmes à accepter leur corps par des photos, citations et en partageant son expérience personnelle.