Selon une étude de l’organisme Pisa en 2015, rendue publique aujourd’hui, une grande partie des adolescents se dit « satisfaits de leur vie ». Mais qu’en est-t-il des jeunes Parisiens du XIIIe arrondissement ? Nous sommes allés à leur rencontre.

« Moi je me plains pas. Tout va bien dans ma vie. », explique Sacha, un élève de seconde, casquette Pikachu vissée sur la tête et cigarette à la main, au  lycée Gabriel Fauré. Pourtant, quand on creuse, tout n’est pas rose. « Un peu à la traîne en classe », il n’est pas certain de passer en 1ère S comme ses parents le voudraient.

La pression des résultats

Et justement cette pression parentale le préoccupe quelque peu. À l’instar des 55 % d’élèves qui se déclarent très angoissés par un contrôle, même s’ils sont bien préparés. Tout le contraire de Gwendoline, cheveux mi-longs et bandeau dans les cheveux, qui « révise beaucoup avant chaque contrôle et se sent prête le jour J ».

En revanche pour Adrien, petit blond  au regard malicieux, la réussite scolaire est très importante pour ses parents. Une contrainte qu’il vit mal. Il suit même des cours particuliers en mathématiques et en anglais. De son propre aveu, il lui arrive de mentir à ses parents sur ses résultats, au point d’avoir déjà imiter la signature de ses parents. Mais les bonnes notes ne font pas tout….

Des soucis plus intimes

Pour Camille, l’amie de Gwendoline qui porte des lunettes et une veste en cuir marron, d’autres soucis peuvent toucher la jeunesse. « Je suis une élève normale, donc les notes c’est pas un problème. Par contre, j’étais en couple avec un garçon il n’y a pas si longtemps et ça s’est mal fini… ». Une peine de coeur qui ne sera sans doute pas la dernière…

Qui plus est, Camille n’est pas la plus à plaindre. Pour 10 % des élèves, le simple fait de prendre le chemin de l’école est une cause de stress. Ce qu’elle confirme assez rapidement « c’est vrai que dans notre classe, il y a un gars qui n’est pas super bien intégré. Mais les professeurs ont essayé de régler le problème et ça va mieux qu’avant maintenant. Mais il a pas non plus des tas de copains ».

Quand on essaye de savoir qui est cet élève les deux filles déclarent qu’elles « ne sont pas des balances ».

De son côté Salim, vêtu d’un jogging de l’Inter Milan et écouteurs sur le dessus des oreilles, confie que sa relation avec ses parents reste compliquée. « En ce moment on s’engueule beaucoup ». En cause, les horaires de sorties le soir, le temps passé avec ses amis et son refus d’accompagner sa famille en Tunisie cet été chez ses grands-parents, « j’aime ma famille mais j’aime aussi passer du temps avec mes amis et en plus je ne les vois pas plus que ça ».

Au pied des escalators de l’avenue d’Ivry, Marie, une élève du collège Georges Sand prend le soleil en attendant la sortie de classe de ses camarades. Protégée par une fine écharpe, la jeune adolescente déclare à brûle-pourpoint « de quoi on se plaint en France ? On a tout ce qu’on veut, on vit dans un pays où il n’y a pas de problème… Pour moi, tout va bien ».

Un bien-être que partage, d’après l’étude, la plupart des jeunes sondés. Puisque, s’ils devaient notés leur vie sur 10, la moyenne serait de 7,3. Une note inférieure dans le XIIIe arrondissement de Paris, car pour tous les jeunes interrogés ce matin, les notes oscillent entre 4 et 9 avec une moyenne de 6,7.

 

Paulin Hoegy et Barnabé Deuve