C’est officiel ! JC Decaux, l’entreprise en charge des Vélib à Paris, a perdu le contrat qui le liait au syndicat de la marque du vélo citadin. C’est la PME Smoove qui récupère ce juteux marché. Un partenariat de 15 ans l’attend.

Aux abords du Bon Marché, dans le VIIe arrondissement de Paris, dans une petite rue à sens unique une station Vélib d’une cinquantaine de places est quasiment vide. Très peu de vélos sont encore à disposition des usagers.

À la descente de son cycle, Séverine, la quarantaine, robe ample et cheveux blonds très bouclés accroche vite son « deux-roues » à une borne de stationnement. Pour elle, le Vélib est synonyme à la fois de liberté et d’ « éco-responsabilité, même si rouler à Paris n’est pas de tout repos ». Quand elle apprend la nouvelle que, comme plusieurs milliers d’utilisateurs quotidiens, son abonnement risque de coûter entre 6 et 10 € plus cher l’an prochain, elle n’est pas surprise. « J’ai entendu parler de ça, oui. Mais ça me dérange pas trop. Si ça permet d’avoir autre chose que des vélos cassés…»

Des prix en hausse

Cependant, quand on touche au porte-feuille, tout le monde ne partage pas l’attitude de Séverine. L’augmentation de 35 % des tarifs ne fait pas sourire. « C’est une honte ! On fait que ça payer ! Tous les jours on raque pour tout et n’importe quoi ! » lance à la volée un jeune avec de gros écouteurs blancs autour du cou.

Les utilisateurs occasionnels de Vélib ne sont pas non plus épargnés. La première demi-heure reste gratuite mais après le tarif augmente, 2 € par demi-heure contre 1 € aujourd’hui.

Pauline, petite brune pleine d’énergie et qui tient difficilement en place, « c’est un peu scandaleux dans le sens où tous les jours, presque, je prends un Vélib alors je vais devoir prendre un abonnement ou bien le bus et le métro comme avant» explique-t-elle un peu déçue.

Des Vélib nouvelle génération

Cette augmentation des prix s’explique par un meilleur matériel, fer de lance de l’entreprise Smoove. Pour « chiper » la place de JC Decaux et investir les rues parisiennes, la PME de Montpellier a promis de gros changements. Tout d’abord, des vélos à assistance électrique vont être installés. Une bonne chose pour Pascal, cheveux blancs et chemise sobre sur les épaules, « Je prends un Vélib de temps en temps, je suis plus jeune-jeune alors un vélo électrique je trouve l’idée plutôt bonne ». Autre bonne nouvelle, ces futures montures devraient pesées une vingtaine de kilos contre 25 actuellement. Plus pratique pour escalader la butte Montmartre.

Les Vélomagg de Montpellier, gérés par Smoove

En plus de cela, Smoove veut mettre au point des bornes plus sécurisées. Le but, éviter vols et détériorations en tout genre, lorsque les vélos attendent d’être utilisés. Ce qui est un véritable fléau. Aujourd’hui, on estime que le coût d’entretien des Vélib est d’environ 1000 à 4000 € par vélo chaque année.