3 624. C’est le nombre de sans-abri à Paris. Le calcul a été réalisé par près de 2 000 bénévoles dans la nuit du 15 au 16 février.

C’était l’une des promesses d’Emmanuel Macron en juillet 2017 : « D’ici la fin de l’année », plus personne ne devait dormir dehors, « dans les rues, dans les bois ». Tout le monde peut constater que la promesse n’a pas été tenue.
Pourtant, du côté du gouvernement, on tente de minimiser le phénomène. « C’est à peu près une cinquantaine d’hommes isolés en Ile-de-France [qui dorment dehors], pour être très précis » déclarait Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, le 30 janvier dernier sur France Inter. Une estimation jugée fantaisiste par les associations d’aide aux SDF qui ont décidé de compter eux-mêmes les sans-abri de Paris.
Une nuit spéciale dans la Ville-Lumière
A l’occasion de la première « Nuit de la Solidarité », organisée par la ville de Paris la nuit du 15 au 16 février dernier, 1 700 bénévoles sont ainsi allés à la rencontre des sans-abris. Répartis en 350 équipes dans le 19ème arrondissement, ils ont fait la connaissance de 2 025 sans-abri dormant dans la rue. On est loin de la cinquantaine monsieur Denormandie.
Un nombre important auquel il faut ajouter les 200 personnes recensées dans les gares par la SNCF, 49 dans les services d’urgence des hôpitaux de l’Assistance publique, 377 dans les stations de métro et de RER, 112 dans les parkings gérés par Vinci. Et ce n’est pas tout, 129 personnes passaient la nuit dans le Bois de Vincennes, 20 dans le Bois de Boulogne et 40 dans le parc de La Colline.
Si on fait le compte, 2 952 personnes vivent dehors aujourd’hui. On peut ajouter les 672 individus hébergés de manière provisoire pendant cette période de grand froid, dans des gymnases et des salles de mairie. Au total : 3 624 sans-abri à Paris aujourd’hui.
Un manque de place cruel
« Pour accueillir tout le monde, il nous manque bien 3 000 places pérennes. Il faut donc conjuguer les efforts de l’Etat et de la Ville. », estime Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris chargée des solidarités et de la lutte contre l’exclusion.
Le nord et l’est : zones plus sensibles
Géographiquement parlant, on s’aperçoit qu’il y a plus de sans-abri dans les arrondissements du nord et de l’est de la capitale. Avec ses deux gares, le 10ème arrondissement est celui qui en compte en plus avec 266 personnes recensées. 250 personnes dans le 18ème et 212 dans le 19ème.
Pas d’exception pour les arrondissements centraux : ils sont 95 dans le 4ème, 86 dans le 2ème, 62 dans le 5ème, 79 dans le 6ème et 66 dans le 7ème.
Tous les volontaires seront réunis, courant mars, pour un bilan et la préparation de la Nuit de la solidarité 2019. La préfecture d’Ile-de-France a annoncé la réactivation du plan grand froid à partir d’aujourd’hui.